Le général de brigade John Tshibangu, figure controversée de l’armée congolaise, a été officiellement incarcéré samedi 20 décembre à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. Cette détention fait suite à une série d’auditions menées depuis son arrestation en novembre dernier, impliquant les services de renseignement et l’auditorat général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Ancien rebelle sous le régime de Joseph Kabila, John Tshibangu avait été condamné par la justice militaire pour insubordination et activités subversives. Toutefois, dans un geste de réconciliation nationale, le pouvoir en place l’avait réhabilité, le promouvant au grade de général de brigade et lui confiant le commandement de la région militaire du Kasaï Oriental.
Cette réintégration, perçue à l’époque comme un pari audacieux, visait à apaiser les tensions dans un pays marquée par des troubles sécuritaires récurrents. Mais les circonstances de sa récente arrestation, encore entourées de zones d’ombre, relancent les interrogations sur la solidité des alliances militaires et la stratégie de réintégration des anciens rebelles dans les rangs de l’armée régulière.
Selon des sources militaires de la Garde républicaine (GR) en poste au Palais de la Nation, dans la nuit du 18 au 19 mai 2024, le général Tshibangu avait été aperçu quelques heures plus tôt dans les installations du Palais, où il procédait à une inspection des lieux, avant l’arrivée de Christian Malanga et de son groupe.
Parmi les griefs retenus figurent notamment :
- Tentative de coup d’État et de déstabilisation des institutions de la République ;
- Trahison ;
- Tentative d’organisation d’un mouvement insurrectionnel ;
- Escroquerie impliquant un membre influent de la famille biologique du Chef de l’État, lequel avait été longtemps instrumentalisé afin de dissimuler leurs forfaitures avec Christian Malanga.
Cette affaire intervient dans un contexte sécuritaire tendu en RDC, où les autorités tentent de restaurer l’autorité de l’État dans plusieurs régions en proie à l’instabilité.
Roger AMANI
