Alors que le mouvement rebelle AFC/M23 avait annoncé le retrait unilatéral de ses troupes dans la ville d'Uvira, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont formellement démenti ces allégations, dénonçant une opération de communication déconnectée de la réalité du terrain.
Dans un communiqué publié ce samedi 20 décembre, l’armée congolaise affirme avoir pris connaissance de ce prétendu retrait uniquement par voie de presse, sans qu’aucune observation concrète ne vienne corroborer cette annonce. Au contraire, les FARDC dressent un tableau alarmant de la situation sécuritaire dans cette ville stratégique de l’est du pays.
Une présence armée toujours manifeste
Selon les constats des forces loyalistes, les combattants du M23, appuyés par les éléments des RDF, continuent d’occuper plusieurs quartiers d’Uvira. Leur présence est qualifiée de « visible et continue », avec des unités armées positionnées dans des zones stratégiques, notamment sur les principaux axes routiers, entravant ainsi la libre circulation des personnes et des biens.
Des militaires rwandais auraient été aperçus en uniforme de la police rwandaise ou en tenue civile, notamment au centre-ville d’Uvira, au port de Kalundu, ainsi qu’à la frontière congolo-burundaise. Ces éléments, selon les FARDC, maintiennent des barrières et des postes de contrôle illégaux, renforçant leur emprise sur la région.
Une absence inquiétante des forces régulières
Le communiqué souligne également l’absence de toute relève par les forces régulières congolaises. Aucune prise de position par les FARDC ou les forces de sécurité locales n’a été observée, laissant le champ libre au groupe armé asseoir son autorité de facto sur la zone.
Les témoignages recueillis sur place font état d’un climat de peur généralisée. Intimidations, extorsions, arrestations arbitraires, tortures et autres exactions seraient monnaie courante, perpétrées par les éléments du M23/AFC/RDF. Ces actes de violence visent à asseoir leur domination et à dissuader toute tentative de contestation de leur présence.
Des mouvements suspects dans les hauteurs
L’armée congolaise rapporte également des activités militaires nocturnes dans Uvira et ses environs, marquées par des patrouilles armées et des déplacements suspects. Une partie des troupes visibles dans une récente vidéo de retrait aurait en réalité quitté la ville pour se repositionner dans les collines des Moyens et Hauts Plateaux d’Uvira, tandis qu’un autre contingent se dirigerait vers les hauts plateaux de Fizi, dans une tentative de jonction avec les groupes armés Twirwaneho et Red Tabara.
Ce démenti des FARDC met en lumière la complexité de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, où les annonces de retrait des groupes armés doivent être prises avec prudence. Alors que la population d’Uvira continue de vivre sous la menace, les autorités congolaises appellent à une vigilance accrue et à une mobilisation internationale pour faire respecter la souveraineté du territoire national.
Roger AMANI
