Annoncé pour mort depuis février par plusieurs médias congolais après une frappe ciblée de drones des FARDC, le général-major Sultani Makenga est réapparu publiquement mercredi 23 avril 2026 à Kanombe, en territoire de Rutshuru. Le chef d’état-major de l’Armée révolutionnaire congolaise, branche armée de l’AFC/M23, a présidé la cérémonie de clôture d’une formation politico-administrative de 395 cadres.
Sur son compte X, le porte-parole de l’AFC/M23, Lawrence Kanyuka, a annoncé ce 24 avril, la fin de la formation de 395 cadres de la première promotion baptisée « INTAKE001 Uongozi Bora », qui signifie « bonne gouvernance ». Ces cadres ont été « rigoureusement formés et outillés » pour promouvoir une nouvelle vision de gestion publique axée sur la restauration de l’autorité de l’État, le vivre-ensemble et la lutte contre les antivaleurs.
La cérémonie s’est tenue au centre de formation de Kanombe. Outre Sultani Makenga, étaient présents le secrétaire permanent de l’AFC/M23, Benjamin Mbonimpa, et Bahati Musanga Erasto, présenté comme gouverneur du Nord-Kivu par le mouvement.
L’apparition de Makenga met un terme à près de deux mois de spéculations. Depuis fin février 2026, son absence prolongée de la scène publique alimentait les rumeurs les plus diverses. Plusieurs sites d’actualité avaient évoqué sa mort lors d’une opération de drones des FARDC menée le 24 février 2024 à Rubaya, qui avait officiellement coûté la vie à Willy Ngoma, ex-porte-parole militaire de la rébellion. Le sort de Makenga restait « suspendu à un fil d’incertitude », seule une vidéo diffusée début mars servant de preuve de vie contestée.
Les images publiées ce 24 avril par des comptes proches de l’AFC/M23 montrent Makenga en treillis camouflage, micro en main, devant une assistance militaire et civile.
Si les canaux de l’AFC/M23 présentent l’événement comme la preuve d’une structuration politique du mouvement, de nombreux internautes restent sceptiques. Dans les commentaires des publications Facebook et X, plusieurs utilisateurs évoquent de « vieilles images » et remettent en cause la date réelle des clichés. Les mots « y’a Kala », « il est déjà mort » ou « propagande » reviennent régulièrement.
Faute d’accès indépendant à Kanombe, Expressmedias.net n’est pas en mesure de vérifier de manière autonome l’authenticité ni la datation exacte des photos. La zone reste sous contrôle de l’AFC/M23 et inaccessible à la presse non accréditée par le mouvement.
Rédaction
