C'est un tournant politique majeur à Kinshasa. Le président Félix Tshisekedi a décidé d'engager la République Démocratique du Congo dans un processus de dialogue national inclusif. L'annonce a été faite ce vendredi 17 juillet par le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, à l'issue d'une rencontre entre le chef de l'État et les chefs des confessions religieuses.
Le chef de l'État s'est entretenu avec les représentants de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l'Église du Christ au Congo (ECC), ainsi que des responsables de l'Église de Réveil du Congo (ERC). À la sortie de l'audience, le cardinal Ambongo a officialisé l'option levée par le président : « J'ai l'honneur de vous l'annoncer : le chef de l'État a levé l'option d'engager notre pays dans un dialogue entre Congolais, un dialogue inclusif. Les modalités et les conditions seront précisées au fur et à mesure ».
Le prélat a également indiqué que les chefs religieux avaient accepté la mission leur confiée par le président pour conduire ce processus, dont une feuille de route sera publiée dans les prochains jours.
Cette décision intervient dans un contexte où le pouvoir est sous forte pression. Sur le front politique intérieur, le chef de l'État fait face à une opposition de plus en plus virulente qui conteste sa gouvernance et dénonce son projet de changement constitutionnel. Sur le front sécuritaire, la crise dans l'Est du pays, avec l'avancée de l'AFC/M23, continue de fragiliser son autorité et de cristalliser les critiques sur sa gestion de la guerre.
Affaibli sur ces deux tableaux, Félix Tshisekedi semble désormais miser sur la carte de l'apaisement prônée depuis plusieurs mois par la CENCO et l'ECC. Un dialogue qui se présente comme une tentative de ressouder le front intérieur et de désamorcer une crise qui menaçait de s'enliser.
