Nicolas Mboso Diahoya, président ai du parti politique Convention pour la République et la Démocratie (CRD), s’est exprimé ce mardi 12 mai sur la nécessité de rendre justice au peuple congolais après des décennies de souffrances et de dérives autoritaires de l'ancien président congolais Joseph Kabila.
Selon lui, le peuple congolais a été traumatisé par plus de vingt ans de violences, d’abus et de dérives d’un régime qualifié de « maléfique, injuste, autoritaire et sanguinaire ». Ces blessures profondes, parfois irréparables, ont laissé une société fragilisée, marquée par la désillusion et la perte de confiance.
Le peuple, rappelle Mboso, avait placé de grands espoirs dans la rébellion de l’AFDL à son arrivée au pouvoir. Enthousiaste, il avait accordé son amour et sa confiance à ce projet politique. Mais la désillusion fut immense : « Une telle trahison nécessite un temps de deuil, celui de l’image du Président et du régime incarné par ce personnage controversé dont l’identité reste floue », souligne-t-il.
Le poids d’un règne ténébreux
Sous le règne de Joseph Kabila, alias Kanambe Kazebere Hyppolyte, le pays a connu un bilan tragique : plus de dix millions de Congolais massacrés, une réputation nationale ternie et une société profondément dégradée. Pour Mboso, la guérison passe par la justice : « Le peuple congolais a été souillé et déshonoré. Il faut avant tout lui rendre justice. »
Il salue ainsi l’initiative de l’administration américaine, qui vient de poser un acte jugé « important » dans le processus de reconstruction du Congo et de son peuple.
La reconstruction, explique-t-il, ne peut se faire qu’en acceptant la réalité de ce qui s’est passé, aussi douloureux que cela puisse être. Elle exige également que la douleur soit exprimée, car le silence ne fait qu’envenimer les blessures. Enfin, il faut réapprendre à faire confiance, à soi-même et aux autres, malgré les cicatrices laissées par des années de méfiance et de désillusion. Ce chemin est long, mais indispensable pour redonner au peuple congolais la dignité et l’espérance qu’il mérite.
Au-delà de la politique et de la justice, Nicolas Mboso rappelle que la gloire revient à Dieu, « le Tout-Puissant, le Commencement et la Fin », maître de toute chose. Pour lui, la spiritualité reste un pilier essentiel dans la résilience collective du peuple congolais.
