Ce vendredi 2 janvier, la République démocratique du Congo commémore le onzième anniversaire de la disparition tragique du colonel Mamadou Mustafa Ndala, figure emblématique des Forces armées de la RDC (FARDC), tombé dans une embuscade près de l’aéroport de Beni en 2014. Douze ans plus tard, son souvenir reste profondément ancré dans la mémoire collective congolaise, tandis que les circonstances exactes de son assassinat continuent de susciter interrogations et indignation.
Né en 1978 à Ibambi, dans la province du Haut-Uele, Mamadou Ndala s’est illustré par son courage et son engagement sans faille dans la lutte contre les groupes armés qui sévissent dans l’est du pays. En 2013, il devient une figure populaire en menant avec bravoure les opérations militaires contre le mouvement rebelle du M23, contribuant significativement à sa défaite dans le Nord-Kivu. Son charisme, sa proximité avec les populations locales et son patriotisme en ont fait un symbole d’espoir dans une région meurtrie par des décennies de conflits.
Une disparition entourée de mystères
Le 2 janvier 2014, alors qu’il se rendait à Eringeti pour superviser les opérations contre les rebelles ougandais de l’ADF, le colonel Ndala tombe dans une embuscade meurtrière. L’attaque, menée à la roquette, coûte la vie à l’officier et à plusieurs de ses compagnons d’armes. Rapidement, des soupçons émergent sur une possible implication de certains éléments au sein même de l’armée. Plusieurs officiers seront arrêtés, jugés et condamnés, mais pour de nombreux Congolais, la vérité complète sur les commanditaires de cet assassinat reste à découvrir.
En reconnaissance de ses services rendus à la nation, Mamadou Ndala a été élevé à titre posthume au grade de général. Des avenues, des écoles et des monuments portent désormais son nom, notamment à Beni et à Kinshasa. Chaque année, des cérémonies commémoratives sont organisées pour honorer sa mémoire, rassemblant militaires, autorités locales, familles et citoyens.
Alors que le pays continue de faire face à l’insécurité dans l’est, la figure de Mamadou Ndala incarne toujours l’espoir d’une armée républicaine forte et proche de la population. Les appels à la réouverture de l’enquête sur son assassinat se multiplient, portés par des organisations de la société civile et certains parlementaires.
Douze ans après, le souvenir de Mamadou Ndala reste un phare dans l’obscurité de l’instabilité congolaise. Son engagement, son courage et son amour pour la patrie continuent d’inspirer une génération de militaires et de citoyens en quête de paix et de justice.
Roger AMANI
