Le point 3 du projet d’accord de paix paraphé récemment aux États-Unis relance un vieux débat: faut-il réintégrer des groupes armés non étatiques, dont le Mouvement du 23 mars (M23), au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC)? Kinshasa aurait donné son accord de principe à cette option, sous des conditions précises encore gardées confidentielles.
Ce scénario rappelle un précédent controversé: au début des années 2010, une partie des rebelles du M23 dont bon nombre étaient d’anciens officiers de l’armée congolaise avaient été intégrés dans les FARDC après des négociations similaires. Mais ce processus, jugé opaque et mal contrôlé, avait conduit à une nouvelle rébellion en 2012.
Parmi les figures militaires marquantes du M23 figurent Bernard Byamungu, Sultani Makenga, Willy Ngoma ou encore Imani Nzenze, tous radiés ou condamnés après 2014. Leur éventuel retour dans l’armée nationale interroge la capacité de l’État à concilier justice, réconciliation, et sécurité.
Une option stratégique... ou périlleuse?
Pour ses défenseurs, la réintégration pourrait être une voie vers la stabilisation de l’Est du pays, constamment déchiré par des violences chroniques. Elle permettrait aussi de désarmer certains groupes et de mieux les encadrer dans une logique républicaine. Mais les détracteurs y voient un dangereux précédent, risquant de créer un effet d’appel pour d’autres groupes armés, en quête de légitimation par les armes.
Alors que les négociations doivent entrer dans une phase plus technique, la classe politique comme l’opinion publique scrutent les implications de cette mesure. Faut-il briser le cycle de guerre à tout prix, quitte à rouvrir les plaies du passé? Ou faut-il instaurer un modèle de justice plus ferme, pour éviter de négocier encore et toujours sous la menace?
