L’ancien chef de guerre congolais et ex-député Roger Lumbala a été condamné ce lundi 15 décembre par la cour d’assises de Paris à 30 ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l’humanité. Il a été reconnu coupable d’avoir apporté aide et assistance à des actes de torture, de traitements inhumains et de viols constitutifs de torture, commis en République démocratique du Congo au début des années 2000.
Le verdict est tombé en fin d’après-midi, au terme de plusieurs semaines d’audiences marquées par des témoignages poignants de survivants et d’experts. Roger Lumbala, d’abord absent lors de l’énoncé de la sentence, a été contraint de comparaître menotté après sommation du président de la cour. La peine prononcée est assortie d’une interdiction définitive du territoire français.
Lumbala, aujourd’hui âgé de 66 ans, a dix jours pour faire appel de cette décision. Son procès, inédit en France, s’inscrit dans le cadre de la compétence universelle, qui permet aux juridictions françaises de juger les auteurs présumés de crimes internationaux, même commis à l’étranger, lorsque certaines conditions sont réunies.
L’affaire remonte à la période de la Deuxième Guerre du Congo (1998–2003), durant laquelle Roger Lumbala dirigeait un groupe armé soutenu par l'Ouganda (RCD-N). Il est accusé d’avoir facilité ou couvert des exactions commises contre des civils dans la province de l’Ituri, notamment des viols collectifs, des actes de torture et des traitements dégradants.
L’ONG Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), partie civile au procès, a salué une « victoire historique pour les victimes » et un signal fort contre l’impunité. Du côté de la défense, les avocats de Lumbala dénoncent un procès « politique » et entendent contester la décision en appel.
Ce jugement marque une étape importante dans la lutte contre les crimes internationaux et pourrait ouvrir la voie à d’autres poursuites contre des responsables présumés de violences en RDC.
Roger AMANI
