Nouveau rebondissement dans la crise sécuritaire de l’Est congolais. L’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23) a annoncé lundi 15 décembre son intention de retirer unilatéralement ses troupes de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu. Ce geste, qualifié de « mesure de confiance », intervient dans un contexte de pressions diplomatiques croissantes, notamment de la part de Washington à l’égard du Rwanda.
Dans un communiqué officiel signé par son coordinateur, Corneille Nangaa Yebeluo, le mouvement rebelle affirme que cette décision vise à « maximiser les chances de succès du processus de paix de Doha », amorcé en novembre dernier sous la médiation du Qatar et des États-Unis.
« En raison de ces avancées, et en dépit des provocations et des abus répétés de la part des FARDC et de leurs alliés, l’AFC/M23 a pris la décision d’entreprendre une mesure unilatérale de confiance », peut-on lire dans ce communiqué.
Un retrait conditionné à des garanties sécuritaires
Si le retrait est présenté comme un geste d’ouverture, l’AFC/M23 insiste sur la nécessité de garanties concrètes. Le mouvement appelle les garants du processus de paix à intervenir rapidement pour encadrer la gestion d’Uvira. Il réclame notamment:
- La démilitarisation de la ville,
- La protection des civils et des infrastructures,
- Et le contrôle du cessez-le-feu par le déploiement d'une force neutre.
Le groupe rebelle met en garde contre toute tentative des FARDC, des milices Wazalendo ou de leurs alliés de profiter de ce retrait pour reprendre militairement les zones abandonnées ou cibler les populations perçues comme favorables à l’AFC/M23.
Dans le même communiqué, l’AFC/M23 affirme qu’il ne tolérera pas l’utilisation des zones sous son contrôle par des groupes armés hostiles aux gouvernements de Kinshasa ou de Bujumbura. Le mouvement se dit déterminé à empêcher toute action susceptible de compromettre les relations de bon voisinage entre la RDC et le Burundi.
Contexte diplomatique tendu
Cette annonce intervient alors que les États-Unis ont récemment accentué leur pression sur Kigali, accusé de soutenir les activités du M23 dans l’Est congolais — une implication que le Rwanda continue de nier. Washington a réitéré ses avertissements, appelant à une désescalade immédiate et à un engagement sincère dans le processus de paix.
Le retrait annoncé d’Uvira pourrait constituer un tournant, à condition que les autres parties prenantes répondent à l’appel à la désescalade. Reste à savoir si ce geste suffira à relancer une dynamique de paix durable dans une région meurtrie par des décennies de conflit.
Roger AMANI
