À peine sorti du tumulte parlementaire, Vital Kamerhe semble déjà tourner son regard vers l’horizon de 2028. L’ancien président de l’Assemblée nationale, poussé à la démission sous pression d’une pétition initiée par des députés de l’UDPS, n’a pas dit son dernier mot. Et c’est son jeune frère, Didier Kamerhe, qui lève le voile sur les ambitions à peine dissimulées du leader de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC).
« Enfin libres! Bien que nous leur ayons remis ce siège par recours à la sagesse de Salomon, nous nous préparons déjà à notre prochaine bataille existentielle. Car leur véritable cible n'était pas la personne du président de l’AN, mais bien le présidentiable gênant de l’Est », a-t-il écrit sur X (ex-Twitter).
Une démission stratégique ou forcée?
La chute de Vital Kamerhe du perchoir de l’Assemblée nationale, survenue quelques heures avant le vote de sa destitution, a été interprétée par certains comme un repli tactique. Pour d’autres, c’est le début d’une offensive politique plus large. Le ton de Didier Kamerhe ne laisse aucun doute: le camp UNC considère cette éviction comme une manœuvre pour écarter un rival sérieux à la présidentielle de 2028.
Un présidentiable qui dérange
Vital Kamerhe, ancien directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, reste une figure centrale de la scène politique congolaise. Charismatique, expérimenté, et implanté dans l’Est du pays, il incarne une alternative crédible au pouvoir en place. Sa popularité dans les provinces du Sud-Kivu, Nord-Kivu et du Maniema, combinée à son réseau politique, en fait un adversaire redouté.
La déclaration de Didier Kamerhe jette une lumière crue sur les fractures internes de la coalition au pouvoir. L’UDPS, qui a soutenu la pétition contre Vital Kamerhe, est désormais accusée de vouloir verrouiller l’espace politique en vue de 2028. Le climat devient électrique, et la guerre des ambitions est officiellement lancée.
Si Vital Kamerhe confirme sa candidature, la présidentielle de 2028 pourrait se jouer sur des lignes de fracture régionales, générationnelles et stratégiques. L’Est du pays, longtemps marginalisé, pourrait devenir le centre de gravité d’un nouveau rapport de force.
Roger AMANI
