La démission surprise de Vital Kamerhe de son poste de président de l’Assemblée nationale continue de secouer la scène politique congolaise. Accusé d’« incompétence dans sa gestion » par une pétition parlementaire, l’ancien chef de la Chambre basse a choisi de se retirer, laissant vacant un poste clé au sommet de l’État.
Dans ce climat de recomposition, le regroupement Action des Alliés et Union pour la Nation Congolaise (AA/UNC), dont Kamerhe est l’autorité morale, revendique la succession. Jean Baudouin Mayo, député national et haut responsable de l’UNC à Kinshasa, a affirmé sur les réseaux sociaux que ce siège devrait revenir à leur formation.
« Ce poste revient de droit au regroupement AA/UNC, qui représente la deuxième force politique au sein de la majorité parlementaire, sauf décision contraire de la Haute Autorité de l’Union sacrée, seule détentrice de la stratégie politique globale », a-t-il déclaré.
L’UNC, pilier de l’Union sacrée
Au-delà de la bataille institutionnelle, l’UNC rappelle son rôle central dans l’alliance au pouvoir. Fidèle partenaire de l’UDPS, le parti de Vital Kamerhe réitère son engagement envers le président Félix Tshisekedi et affirme vouloir continuer à soutenir sa vision pour le pays.
Des voix internes au parti vont jusqu’à promettre un appui jusqu’à la fin du mandat présidentiel en 2028. Passé ce délai, l’UNC pourrait envisager de reprendre son autonomie politique et se repositionner dans le paysage national.
Des avis contrastés dans l’opinion
Sur le terrain, les réactions sont partagées. Certains observateurs estiment que Kamerhe a trop souvent été marginalisé au sein de l’Union sacrée, et se demandent s’il ne serait pas temps pour lui de prendre ses distances afin de préserver son avenir politique.
Cette séquence révèle les tensions et les fragilités au sein de la majorité parlementaire. Alors que les ambitions s’expriment, c’est la Haute Autorité politique de l’Union sacrée qui aura la responsabilité de trancher et de redistribuer les rôles au sein de l’Assemblée.
Roger AMANI
