Le marché du cobalt connaît une embellie spectaculaire en cette fin d’année. En République démocratique du Congo (RDC), premier producteur mondial de ce métal stratégique, les prix ont franchi la barre symbolique des 50 000 dollars la tonne, atteignant précisément 50 958 USD en décembre. Cette hausse de 5,12 %, après un bond de 9,33 % en novembre, marque un net retournement de tendance sur un marché longtemps sous pression.
Deux facteurs expliquent cette dynamique haussière: une demande mondiale soutenue, notamment de la part de l’industrie des batteries pour véhicules électriques, et une politique proactive de Kinshasa en matière de régulation de l’offre. En début d’année, les autorités congolaises avaient suspendu temporairement certaines exportations afin de freiner la chute des prix. Cette mesure a été suivie de l’instauration de quotas et de restrictions ciblées sur les volumes exportés.
Avec plus de 70 % de la production mondiale de cobalt, la RDC consolide sa position de pilier central dans la chaîne d’approvisionnement des minerais critiques. En misant sur une gestion plus souveraine de ses ressources, Kinshasa entend non seulement stabiliser les cours, mais aussi renforcer la valeur ajoutée de son cobalt sur les marchés internationaux.
Dans un contexte de transition énergétique accélérée, où le cobalt reste un composant clé des batteries lithium-ion, la stratégie congolaise s’inscrit dans une vision à long terme. Elle vise à faire du pays un acteur incontournable de l’économie verte mondiale, tout en maximisant les retombées économiques pour les populations locales.
Roger AMANI
