La scène politique congolaise se réchauffe autour de la réforme de la Constitution. Dimanche 18 mai 2026, la Coalition Citoyenne pour la Nation (CCN) a annoncé qu’elle organisera une marche pacifique nationale le vendredi 5 juin, à Kinshasa et dans plusieurs provinces.
La CCN est présidée par l’archevêque Evariste Ejiba Yamapia. Son porte-parole, Jonas Tshiombela, a rendu publique l’annonce lors d’un point de presse tenu à Kinshasa. La coalition se démarque du front qui rejette en bloc toute révision constitutionnelle. Elle défend, au contraire, l’ouverture du processus de réforme, à condition qu’il repose sur « la volonté souveraine du peuple congolais ».
Pour le 5 juin, la CCN vise une mobilisation qui dépasse les clivages partisans. Sont appelés à descendre dans la rue : partis politiques, confessions religieuses, organisations de la société civile, syndicats, membres de la diaspora et artistes. L’objectif affiché : faire de cette journée une « démonstration citoyenne, démocratique et patriotique ».
La question de la révision constitutionnelle crispe depuis plusieurs mois. Une partie de l’opposition et de la société civile craint une manœuvre visant à toucher aux dispositions verrouillées, notamment celles liées au nombre et à la durée des mandats présidentiels. De son côté, la CCN estime que le débat ne doit pas être confisqué et que les Congolais doivent s’exprimer dans la rue, de manière pacifique.
Selon Jonas Tshiombela, les itinéraires précis à Kinshasa et dans les provinces seront communiqués dans les prochains jours, après concertation avec les autorités compétentes. La coalition insiste sur le caractère pacifique de la marche et appelle les participants à « éviter toute provocation ».
À ce stade, ni le gouvernement ni les principales plateformes d’opposition n’ont officiellement réagi à l’annonce. La position de la CCN pourrait toutefois rebattre les cartes dans un débat où les lignes entre pro et anti-révision semblaient figées.
Roger AMANI
