La nécessité d'harmoniser les pratiques coutumières avec les standards modernes des droits humains a été au centre d'une session de formation à Kinshasa mardi 4 novembre. L'événement, organisé par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), a réuni des chefs coutumiers autour du thème du droit à l'éducation sexuelle.
Lors de son intervention, le Vice-ministre des Affaires coutumières, Mwami Jean-Baptiste Ndeze, a interpellé les leaders traditionnels sur leur rôle crucial dans la transformation sociale de la République Démocratique du Congo.
Le ministre a appelé à une réinvention constructive du droit coutumier pour répondre aux défis contemporains.
« Face à ce défi, notre rôle doit être de devenir des acteurs du changement, les alliés de la transformation sociale en intégrant les principes d'égalité, de protection et d'inclusion dans nos pratiques coutumières », a-t-il indiqué.
Cette recommandation souligne la tension existante entre les normes constitutionnelles et les pratiques coutumières, notamment en matière de genre, d'héritage et de droits fonciers. L'intégration de l'égalité, de la protection et de l'inclusion vise à garantir que le droit coutumier, tout en conservant son rôle d'arbitrage et de régulation sociale, ne contrevienne pas aux droits fondamentaux reconnus par la Constitution et les instruments internationaux.
L'initiative de l'UNESCO, centrée sur l'éducation sexuelle, met en évidence la nécessité pour les autorités coutumières de s'adapter aux questions sociales modernes, particulièrement celles touchant la jeunesse et la santé reproductive. L'objectif est de s'assurer que les structures traditionnelles deviennent des vecteurs de progrès social et d'équité plutôt que des obstacles.
Stony Mulumba Sha Mbuyi
