Les députés provinciaux du Kwango, province du sud-ouest de la République démocratique du Congo, ont lancé un cri d’alarme ce mardi 4 novembre depuis Kenge. Dans une déclaration politique solennelle, ils ont dénoncé le refoulement forcé et massif des Congolais par l’Angola, une situation jugée inhumaine à la frontière.
Le président intérimaire de l'organe délibérant du Kwango, Anicet Mbangala Talameso, a lu la déclaration qui met en lumière la gravité de la situation frontalière.
« Nous, députés provinciaux du Kwango, lançons un cri d'alarme à la communauté tant nationale qu'internationale sur la situation qui prévaut à la frontière de notre province avec la République sœur d'Angola ».
Le refoulement, qui aurait débuté le 20 octobre dernier, est qualifié de forcé et mené dans des conditions inhumaines. Les députés estiment que cet acte constitue ni plus ni moins une violation des droits de l'homme à l'encontre de la population congolaise qui résidait sur le territoire angolais.
Ce refoulement massif, s'il se confirme dans les conditions dénoncées, engendre une crise humanitaire immédiate dans la province du Kwango, déjà limitée en capacités d'accueil. Les Congolais refoulés arrivent souvent démunis, sans biens ni moyens de subsistance.
L'appel des élus provinciaux est double notamment : solliciter l'intervention urgente du Gouvernement Central de la RDC pour engager des négociations diplomatiques avec l'Angola et assurer la prise en charge digne des rapatriés; et alerter les organisations humanitaires et de défense des droits de l'homme afin d'exercer une pression sur l'Angola pour le respect des droits des personnes migrantes et pour obtenir un soutien logistique et humanitaire à la frontière.
Cet événement ravive la mémoire des précédents refoulements massifs et rappelle la fragilité de la situation des Congolais vivant à l'étranger, particulièrement dans les pays voisins.
Stony Mulumba Sha Mbuyi
