Le gouvernement congolais ne voit aucun geste de bonne foi dans l’annonce du retrait de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu. Intervenant sur France 24 le mardi 16 décembre, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a vivement critiqué cette annonce, la qualifiant de « non-événement » et de « diversion politique ».
Selon lui, ce retrait ne saurait effacer les violences perpétrées par le groupe rebelle contre les populations civiles. « Ce qui s’est passé à Uvira est inacceptable », a-t-il déclaré, soulignant que l’annonce intervient après des attaques meurtrières. « Quitter une ville après y avoir semé la terreur ne peut être présenté comme un acte de bonne volonté », a-t-il insisté.
Le ministre s’est également interrogé sur le moment choisi pour attaquer la ville d'Uvira, alors que les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame signaient à Washington un engagement diplomatique sous l’égide du président américain Donald Trump. Pour Patrick Muyaya, cette coïncidence n’est pas fortuite.
« Pourquoi, alors que la pression internationale s’exerce clairement sur le Rwanda, c’est le M23 qui se présente soudain comme fautif en annonçant son retrait? », a-t-il lancé, estimant que cette stratégie vise à détourner l’attention du médiateur américain et à brouiller les responsabilités.
Dans un ton particulièrement ferme, le porte-parole du gouvernement a évoqué « une diversion, un jeu entre père et fils », laissant entendre une coordination entre le M23 et Kigali. Il accuse le mouvement rebelle de se sacrifier médiatiquement pour masquer, selon lui, l’implication du Rwanda dans les violences à l’Est du pays.
« L’AFC/M23 se donne en sacrifice devant la communauté internationale pour couvrir les tueries de Paul Kagame dans l’Est de la RDC », a-t-il affirmé.
Kinshasa réaffirme que seule une cessation effective des hostilités, le retrait de toutes les forces étrangères et la justice pour les victimes pourront constituer des avancées réelles. Le gouvernement appelle la communauté internationale à ne pas se laisser « abuser par une mise en scène politique », alors que les populations de l’Est continuent de subir les conséquences dramatiques du conflit.
Roger AMANI
