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POLITIQUE
Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Lundi 20 avril 2026

Nombre de lectures: 99

Révision constitutionnelle en RDC : André Mbata ouvre la boîte de Pandore

Un pavé dans la mare. C’est l’effet produit ce lundi par le communiqué signé André Mbata Betukumesu Mangu, secrétaire permanent et porte-parole de l’Union Sacrée de la Nation. La majorité présidentielle ouvre officiellement le chantier ultra-sensible de la réforme constitutionnelle et lance un « appel national à contributions » adressé à toutes les forces vives du pays.

‎Dans le document rendu public ce 20 avril, l’Union Sacrée invite partis politiques, confessions religieuses, universitaires, juristes, syndicats, ONG et citoyens y compris ceux de la diaspora à transmettre leurs propositions « au plus tard le 20 mai 2026 ».

‎Calendrier annoncé :

  • Jusqu’au 20 mai 2026 : Réception des contributions 
  • ‎ Étape suivante : Examen par une « commission technique » ad hoc
  •  Objectif final : Remise d’un rapport directement au président Félix Tshisekedi.

‎André Mbata, constitutionnaliste réputé et figure de proue de la majorité, se retrouve donc à la manœuvre sur un dossier qu’il connaît mieux que quiconque. Sa signature donne un poids juridique et politique considérable à l’initiative.

Pourquoi la Constitution reste un sujet inflammable ?

‎Toucher à la Loi fondamentale en RDC n’a jamais été anodin. La Constitution du 18 février 2006, fruit du dialogue inter-congolais, est perçue par beaucoup comme un garde-fou contre les dérives autoritaires. Toute tentative de révision réveille immédiatement trois craintes :

  1. La question du mandat présidentiel : Même si l’Union Sacrée ne l’évoque pas, l’opposition redoute qu’une réforme ouvre la voie à un troisième mandat. Le spectre des crises de 2015-2018 plane encore. 
  2. ‎ L’équilibre des pouvoirs : Décentralisation, rôle du Parlement, statut de la CENI… Chaque article modifié peut déplacer le centre de gravité institutionnel. 
  3. ‎ Le timing politique : À moins de trois ans de la prochaine présidentielle prévue en 2028, lancer ce chantier est interprété comme un calcul stratégique.

‎Si l’appel à contributions est public depuis ce matin, les manœuvres ont démarré en coulisses depuis plusieurs semaines. Plusieurs sources à Kinshasa confirment des rencontres discrètes entre émissaires de la majorité et certaines confessions religieuses. Du côté de l’opposition, le FCC de Joseph Kabila et Ensemble pour la République de Moïse Katumbi ont déjà rejeté « toute manœuvre de tripatouillage » avant même la publication du communiqué.

‎La société civile est divisée. Pour la CENCO, « toute réforme doit résulter d’un consensus national et non d’un passage en force ». L’ASADHO, elle, exige que les lignes rouges, limitation des mandats, indépendance de la justice, soient sanctuarisées avant tout débat.

La stratégie de l’Union Sacrée : légitimer par la participation

‎En ouvrant les contributions à « tous les citoyens », la majorité cherche visiblement à désamorcer le procès en illégitimité. André Mbata mise sur sa stature d’universitaire pour donner une caution technique au processus. La création d’une commission technique, sans représentants nommés à ce stade, laisse toutefois planer le doute sur sa composition et son indépendance.

‎Un cadre de la majorité, sous couvert d’anonymat, résume l’état d’esprit : « On ne révisera pas contre le peuple. Mais la Constitution de 2006 a 20 ans. Le pays a changé. Il faut l’adapter ».

‎La balle est  dans le camp des forces sociales et politiques. Vont-elles jouer le jeu des contributions d’ici le 20 mai, au risque de cautionner un processus qu’elles dénoncent ? Ou choisir le boycott, laissant l’Union Sacrée seule maîtresse du rapport final qui atterrira sur le bureau de Félix Tshisekedi ?

‎Une chose est sûre : en lançant cet appel, André Mbata a officiellement ouvert la boîte de Pandore. La bataille politique des prochains mois se jouera autant sur le fond des articles à réviser que sur la méthode. Toucher à la Constitution reste, en RDC, l’un des gestes politiques les plus lourds de conséquences

Roger AMANI

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Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Lundi 20 avril 2026

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