Dans un contexte de consolidation de l'État de droit et de renforcement de la décentralisation, le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières, Jacquemin Shabani, a convoqué d'urgence l'ensemble des cadres dirigeants de l'échelon provincial de la République. Par un télégramme officiel circulé en début de journée de ce jeudi 28 août, l'autorité ministérielle a sommé tous les gouverneurs de province, leurs vice-gouverneurs, ainsi que les membres des bureaux des assemblées provinciales à participer à un atelier de haut niveau prévu pour demain, vendredi 29 août, dans la capitale.
Selon notre rédaction, qui a pu consulter la note officielle, l'ordre du jour de cette rencontre stratégique portera exclusivement sur l'analyse et le renforcement des « mécanismes de stabilisation des institutions provinciales ». Cette initiative intervient à un moment où plusieurs provinces font face à des défis de gouvernance, des tensions politico-administratives, ou des blocages dans le fonctionnement de leurs exécutifs et législatifs.
CONTEXTE ET ENJEUX : UN IMPÉRATIF DE STABILITÉ LOCALE
La réforme de la décentralisation, pierre angulaire de la Constitution congolaise, a conféré aux provinces des attributions et des compétences élargies. Cependant, cette autonomie accrues'accompagne de défis significatifs en matière de gouvernance. Des conflits de prérogatives entre gouverneurs et assemblées provinciales, des questions liées à la gestion des finances publiques locales, des luttes d'influence partisane et des interprétations divergentes des textes juridiques ont, par le passé, conduit à des paralysies institutionnelles dans certaines entités.
L'atelier convoqué par le ministre Shabani vise donc à adresser ces points de friction de manière préemptive et constructive. Il s'agit pour le gouvernement central, par le biais du ministère de tutelle, de jouer son rôle de régulateur et de facilitateur pour garantir le fonctionnement harmonieux et efficient des institutions décentralisées, gage de développement et de paix sociale à la base.
OBJECTIFS ATTENDUS DE L'ATELIER
Selon des sources bien informées au sein du ministère de l'Intérieur, plusieurs résultats concrets sont attendus de cette concertation nationale :
1. Harmonisation des Pratiques Administratives : Clarifier les rôles et responsabilités de chaque institution (Bureau de l'Assemblée, Gouvernorat) pour fluidifier la prise de décision et l'exécution des actions de gouvernement provincial.
2. Prévention et Gestion des Crises : Mettre en place un cadre de dialogue permanent et des mécanismes de médiation efficaces pour désamorcer les tensions avant qu'elles ne dégénèrent en crise ouverte, préjudiciable à la stabilité de la province.
3. Renforcement des Capacités : Rappeler le cadre légal et réglementaire qui régit le fonctionnement des provinces, notamment en matière budgétaire, de passation des marchés publics et de contrôle.
4. Sécurisation du Processus Démocratique Local : Consolider les acquis de la démocratie en s'assurant que les institutions issues des urnes puissent œuvrer dans un environnement apaisé, respectueux de la séparation des pouvoirs.
La convocation de cet atelier à Kinshasa, avec un préavis aussi court, témoigne de la détermination du Vice-Premier ministre Shabani à traiter cette question avec célérité et sérieux. Elle est interprétée par les observateurs politiques comme un signal fort envoyé par l'exécutif central, affirmant sa volonté de :
· Affirmer l'autorité de l'État : En rappelant que le Ministère de l'Intérieur reste le canal privilégié de coordination entre le pouvoir central et les entités décentralisées.
· Garantir la Cohésion Nationale : La stabilité des provinces est un prérequis indispensable à la stabilité de l'ensemble de la nation. Un feu dans une province peut menacer l'édifice entier.
· S'attaquer aux Causes Structurelles des Conflits : Plutôt que de gérer les crises au cas par cas, le gouvernement semble opter pour une approche systémique et préventive.
RÉACTIONS ET ATTENTES SUR LE TERRAIN
Contactés par nos soins, certains collaborateurs de gouverneurs ont salué l'initiative, soulignant le « besoin urgent de cadrage et d'échanges directs avec le ministère de tutelle ». Un membre du bureau d'assemblée provinciale du Kasaï-Central, sous couvert d'anonymat, a confié : « C'est une opportunité pour nous de porter directement nos préoccupations, notamment sur l'interprétation de l'article 162 de la loi sur la décentralisation concernant le vote du budget. Nous espérons des directives claires. »
Les attentes sont donc élevées, et la pression sera sur les épaules des experts du ministère et du ministre Shabani lui-même pour délivrer des conclusions opérationnelles et contraignantes.
L'atelier de ce vendredi 29 août s'annonce comme un moment pivot dans la gouvernance des provinces congolaises. Sous l'égide de Jacquemin Shabani, cette rencontre pourrait marquer le début d'une nouvelle ère de collaboration apaisée et productive entre les exécutifs provinciaux et leurs assemblées, condition sine qua non pour acheminer les dividendes de la décentralisation vers les populations. La rédaction de votre journal suivra de très près les conclusions de ces assises et vous en fera un compte-rendu exhaustif dans une édition ultérieure.
Stony Mulumba Sha Mbuyi
