Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a pris part ce dimanche, par visioconférence, au sommet ad hoc des Chefs d’État et de Gouvernement du Mécanisme Régional de Suivi de l’Accord-cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), Consacrée à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Dans son intervention, le chef de l’État congolais a vivement contesté les récentes annonces faisant état d’un retrait des forces du M23/AFC de la ville d’Uvira. « Le prétendu retrait de l’AFC/M23 d’Uvira ne correspond ni aux faits ni aux observations recueillies sur le terrain », a-t-il affirmé, soulignant que des éléments armés demeurent actifs dans la ville et ses environs, occupant toujours des positions stratégiques et exposant la population à des exactions.
Pour Tshisekedi, un retrait non vérifié, sans rétablissement de l’autorité de l’État, ne saurait être considéré comme réel. Il a insisté sur la nécessité d’un retrait « effectif, complet et sans équivoque » des troupes rwandaises de l’ensemble du territoire congolais, conformément aux engagements régionaux et aux résolutions internationales en vigueur.
La crédibilité du processus de paix en jeu
Le président congolais a mis en garde contre les effets délétères des annonces non suivies d’actes concrets. « La crédibilité de tout processus de paix repose sur des actes vérifiables, et non sur des déclarations de circonstance », a-t-il martelé, appelant à une vigilance accrue de la communauté internationale face aux manœuvres dilatoires.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes entre la RDC et le Rwanda, Kinshasa accusant Kigali de soutenir activement les rebelles du M23, ce que le gouvernement rwandais continue de nier.
Le sommet d’Entebbe, présidé par le président ougandais Yoweri Museveni, s’inscrit dans le cadre du Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération, signé en 2013 à Addis-Abeba. Ce cadre multilatéral vise à renforcer la coopération régionale pour mettre fin aux cycles de violence dans la région des Grands Lacs.
Alors que les populations de l’Est continuent de subir les conséquences des violences armées, ce sommet pourrait marquer un tournant dans la dynamique diplomatique régionale, à condition que les paroles se traduisent en actions concrètes sur le terrain.
Roger AMANI
