Plusieurs milliers de personnes ont pris part, mardi 3 novembre 2026, à une marche pacifique organisée à Uvira, au Sud-Kivu, pour réclamer la fin des conflits armés dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Initiée par le gouverneur provincial, Jean-Jacques Purusi Sadiki, cette manifestation était placée sous le slogan « Non à la guerre, oui à la paix ». L'autorité provinciale a salué la participation des différentes composantes de la population.
Partie du rond-point Kavimvira, la procession a traversé plusieurs artères de la ville avant de rejoindre l'espace Orange, dans le quartier Mulongwe, où le gouverneur s'est adressé aux manifestants. La mobilisation s'est ensuite poursuivie jusqu'à la place du Monument, point d'aboutissement de cette activité citoyenne.
À travers cette initiative, les organisateurs entendaient exprimer le rejet de la guerre qui continue de déstabiliser les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l'Ituri. La manifestation visait également à témoigner du soutien populaire aux démarches politiques et diplomatiques engagées par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour parvenir à une résolution pacifique de la crise sécuritaire.
Prenant la parole devant les participants, Jean-Jacques Purusi s'est félicité de la mobilisation, dont il a estimé la participation à plus de 100 000 personnes, en tenant compte d'Uvira et d'autres entités sous administration gouvernementale. Il a notamment mentionné les territoires de Kalehe, Fizi, Mwenga et Shabunda, ainsi que certaines localités de Kabare et de Walungu.
Pour le gouverneur, cette démonstration populaire traduit un refus catégorique de la poursuite des affrontements et des rébellions armées dans le pays.
L'autorité provinciale a également défendu l'option du dialogue national inclusif portée par le chef de l'État, qu'elle considère comme une voie susceptible de favoriser la cohésion nationale, de préserver la stabilité des institutions et de trouver une solution durable aux tensions politiques et sécuritaires.
« On arrête la guerre, on arrête les armes. Ceux qui sont de vrais Congolais, qu'ils viennent pour qu'on discute », a-t-il déclaré, reprenant un message qu'il attribue au président de la République.
Dans son intervention, Jean-Jacques Purusi a par ailleurs mis en cause l'ancien président Joseph Kabila et le mouvement AFC-M23, qu'il accuse d'être impliqués dans la poursuite des hostilités au Sud-Kivu, avec, selon lui, l'appui du Rwanda. Il a rappelé les lourdes conséquences des conflits armés sur les populations de l'est du pays, appelant à privilégier les initiatives susceptibles de mettre fin aux violences et de favoriser la reconstruction nationale.
S'adressant particulièrement aux habitants des zones actuellement affectées par l'occupation armée, notamment Bukavu, Idjwi et certaines parties des territoires de Kabare et de Walungu, le gouverneur les a invités à garder confiance dans les efforts diplomatiques en cours. Il a assuré que le président Tshisekedi multiplie les démarches auprès des partenaires nationaux et internationaux pour obtenir une issue à la crise.
Il a notamment évoqué les initiatives du Groupe de contact international ainsi que les mécanismes de suivi et de vérification liés à l'application des accords conclus à Washington, Doha et Montreux, en Suisse.
Sur le plan militaire, le chef de l'exécutif provincial a rendu hommage aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), aux combattants Wazalendo et aux forces armées burundaises pour leur contribution aux opérations de sécurisation de la région.
Il a également exprimé sa gratitude envers le président burundais pour la coopération entre les deux pays. Une collaboration qui, selon lui, dépasse le seul cadre sécuritaire et s'étend aux projets de développement, notamment à travers la réalisation d'infrastructures à Uvira par des entreprises burundaises.
La manifestation s'est achevée par un nouvel appel du gouverneur à la paix, à l'unité et à la cohésion sociale. À travers cette mobilisation, les organisateurs ont voulu faire entendre une revendication centrale : le retour de la stabilité et la fin des violences qui continuent de bouleverser le quotidien des populations de l'est de la RDC.
Christian Balemba
