Le pont enjambant la rivière Kavimvira, axe vital reliant le nord et le sud de la ville d’Uvira, s’est effondré ce mardi 16 juin vers 15h30. L’ouvrage, déjà dans un état de délabrement avancé, a cédé au passage d’un camion poids lourd, selon notre correspondant sur place.
Aucune perte en vie humaine n’est à déplorer. Un blessé a toutefois été enregistré, indique notre source. Depuis l’incident, la circulation est totalement interrompue entre la commune de Kavimvira, au nord, et le reste de la ville, deuxième agglomération du Sud-Kivu.
Seuls les piétons parviennent encore à traverser, en pataugeant dans les eaux de la rivière. Des dizaines de véhicules, camions et engins roulants sont bloqués de part et d’autre. L’axe Uvira–Burundi et celui menant vers la plaine de la Ruzizi sont désormais impraticables.
« C’était prévisible », dénonce un habitant rencontré par notre correspondant Dominique Kalonzo. Ce pont n’était qu’une déviation temporaire mise en place dans l’attente de grands travaux sur la route principale. « Mais l’emprise a été envahie par des constructions anarchiques, avec la complicité des services fonciers et du cadastre », accuse-t-il.
L’effondrement survient près d’un mois après les mises en garde répétées de la société civile d’Uvira. Les acteurs locaux avaient exhorté les autorités à intervenir en urgence pour réhabiliter l’ouvrage. Aucune action concrète n’avait été engagée depuis.
La situation isole une partie de la population et menace les échanges commerciaux avec le Burundi voisin. Les autorités locales ne se sont pas encore prononcées sur les mesures d’urgence envisagées.
Dominique Kalonzo, depuis Uvira
