La plateforme citoyenne Pamoja kwa Amani est montée au créneau lundi 23 février à Bukavu pour dénoncer ce qu’elle considère comme une pression financière injustifiée exercée sur les habitants des zones passées sous le contrôle du mouvement rebelle AFC-M23, notamment à Bukavu et à Goma.
Dans une déclaration au ton ferme, la coalition évoque une économie locale « à genoux » depuis la résurgence des affrontements dans l’Est de la République démocratique du Congo. Elle décrit un environnement marqué par la fermeture de banques, la suspension des activités de nombreuses entreprises et organisations humanitaires, ainsi qu’une montée vertigineuse du chômage. À cela s’ajouteraient des difficultés d’approvisionnement, aggravant la vulnérabilité des ménages.
Malgré cette conjoncture déjà critique, Pamoja kwa Amani affirme que l’AFC-M23 aurait instauré un système de taxation contraignante. Parmi les mesures dénoncées figure l’obligation de souscrire à une assurance automobile, présentée comme exclusive à une société étrangère, Imperial Assur. La coalition estime que cette pratique serait en contradiction avec la législation congolaise régissant le secteur des assurances.
Le communiqué fait également état de méthodes coercitives dans le recouvrement de ces contributions, évoquant des paiements exigés sous menace. Selon la plateforme, ces prélèvements ne s’accompagneraient d’aucune amélioration tangible des services publics et serviraient plutôt à soutenir l’effort militaire du mouvement rebelle.
Face à ce qu’elle qualifie « d’asphyxie économique organisée », la coalition réclame la suspension immédiate des taxes et redevances jugées illégales. Elle interpelle par ailleurs la communauté internationale afin qu’elle prenne des mesures contre les responsables de ces pratiques.
En conclusion, Pamoja kwa Amani appelle la population à ne pas se soumettre à ces exigences financières, plaidant pour une résistance pacifique et collective. Pour la coalition, refuser de s’acquitter de ces contributions constituerait une forme d’engagement citoyen en faveur de la justice et de la souveraineté nationale.
La plateforme réaffirme enfin sa solidarité avec les habitants des zones concernées et plaide pour une paix durable fondée sur l’État de droit plutôt que sur la contrainte armée.
