Déjà la rentrée scolaire 2026-2027, la situation des populations déplacées demeure préoccupante dans le territoire de Fizi. L’administrateur du territoire, Kalonji Badibanga Samy, appelle à une mobilisation urgente des autorités et des partenaires humanitaires en faveur des familles affectées par les violences.
S’exprimant ce mercredi 2 septembre 2026, l’autorité territoriale a indiqué que la situation sécuritaire était relativement calme dans plusieurs parties de Fizi. Cette accalmie ne concerne toutefois pas l’ensemble du territoire.
Dans les hauts et moyens plateaux, particulièrement dans la région de Minembwe, l’administrateur fait état de la persistance des violences impliquant, selon ses déclarations, plusieurs groupes armés locaux et étrangers, parmi lesquels le RED-Tabara, le FNL de Zabampema et les Twirwaneho.
Des tensions communautaires ravivées
Selon Kalonji Badibanga Samy, ces violences compromettent les efforts entrepris ces dernières années en faveur de la réconciliation et de la cohésion entre les communautés.
L’administrateur rappelle avoir effectué des déplacements dans plusieurs villages des hauts plateaux avec l’appui de partenaires humanitaires, dans le but d’encourager la cohabitation pacifique et de combattre les discours de haine, le tribalisme, la discrimination et la stigmatisation.
Mais les nouvelles violences auraient ravivé les tensions au sein de certaines communautés.
« Plusieurs familles réconciliées aujourd’hui se regardent en chiens de faïence », déplore-t-il.»
Les déplacés toujours en attente d’assistance
Sur le plan humanitaire, le territoire continue, selon l’administrateur, d’accueillir d’importants mouvements de populations déplacées.
Il évoque notamment les conséquences des affrontements du 16 décembre 2025 ainsi que des bombardements des 10 et 11 juillet 2026, qui auraient entraîné de nouveaux déplacements et fait plusieurs blessés.
«Les victimes de toutes ces atrocités restent la population locale », souligne Kalonji Badibanga Samy.»
L’autorité territoriale déplore par ailleurs que plusieurs familles déplacées n’aient toujours pas bénéficié d’une assistance humanitaire suffisante. Certaines vivent dans des familles d’accueil tandis que d’autres sont installées dans des sites de fortune.
La localité de Malicha figure notamment parmi les zones accueillant des déplacés, tandis que plusieurs sites situés dans les hauts et moyens plateaux abriteraient également un nombre important de personnes privées d’une assistance régulière.
Des enfants exposés au risque d’exclusion scolaire
À quelques jours de la rentrée scolaire, le sort des enfants déplacés préoccupe particulièrement l’administration territoriale.
La précarité des familles et la destruction de certaines infrastructures scolaires pourraient empêcher plusieurs enfants de reprendre normalement les cours. À cette difficulté s’ajoute, selon l’administrateur, le risque d’enrôlement forcé d’enfants par des groupes armés dans les zones affectées par l’insécurité.
Kalonji Badibanga Samy plaide ainsi pour une prise en charge urgente des enfants déplacés afin qu’ils puissent retrouver le chemin de l’école dans des conditions dignes et sécurisées.
Un appel avant la saison des pluies
Face à l’urgence humanitaire, l’administrateur de Fizi sollicite l’intervention des autorités provinciales et nationales ainsi que des organisations humanitaires afin de renforcer l’assistance aux populations vulnérables.
La situation devient d’autant plus préoccupante que la saison des pluies approche, alors que certaines familles vivent dans des conditions précaires.
«Nous approchons de la saison pluvieuse », rappelle Kalonji Badibanga Samy.»
Pour l’autorité territoriale, une intervention rapide est nécessaire pour répondre aux besoins essentiels des déplacés et réduire leur vulnérabilité, particulièrement celle des enfants à l’heure où s’ouvre une nouvelle année scolaire.
Bubasha Djuma Bob
