Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a ouvert, lundi 21 septembre à Uvira, un atelier consacré à la restauration de l’autorité de l’État dans la province du Sud-Kivu.
Installé provisoirement à Uvira, le gouvernement provincial accueille pendant trois jours cette rencontre qui réunit des responsables nationaux et provinciaux, des représentants des communautés, des leaders locaux, des organisations de la société civile ainsi que des partenaires internationaux.
L’objectif de ces assises est d’examiner les conditions nécessaires au renforcement de la présence et du fonctionnement des institutions publiques dans une province confrontée depuis plusieurs années à une situation sécuritaire instable.
Représentant le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, Jacquemain Shabani a placé les communautés au cœur de cette démarche. Pour lui, la restauration de l’autorité de l’État ne doit pas se limiter au volet sécuritaire, mais doit également se traduire par le retour effectif des services publics, le fonctionnement régulier des institutions et la relance des activités de développement.
« Aucune paix durable ne peut être construite sans l’implication active des communautés », a déclaré le vice-Premier ministre.
Il a appelé les participants à examiner la crise du Sud-Kivu dans toutes ses dimensions, notamment sécuritaire, politique, sociale, économique et humanitaire.
Sécurité, groupes armés et désarmement
Les échanges portent également sur les tensions persistantes dans plusieurs territoires de la province ainsi que sur les réponses à apporter en tenant compte des réalités locales.
Jacquemain Shabani a insisté sur la nécessité de permettre aux populations de retrouver un accès normal aux services de l’État et de bénéficier d’un environnement sécurisé.
La question des groupes armés et de la circulation des armes figure également parmi les principaux enjeux de l’atelier. Le ministre a rappelé que l’usage légal de la force relève des institutions étatiques et plaidé pour le renforcement des mécanismes de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de stabilisation.
« Nous devons donc accompagner les programmes de désarmement, de démobilisation, de relèvement communautaire et de stabilisation afin de favoriser la réintégration des anciens combattants et de reconstruire le tissu social de notre province », a-t-il indiqué.
Uvira, capitale provisoire du Sud-Kivu
Prenant la parole, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a évoqué plusieurs évolutions qu’il considère comme des signes de reprise à Uvira.
Il a notamment cité la réouverture de la frontière, la reprise des échanges commerciaux transfrontaliers ainsi que le retour de certaines personnes déplacées.
« Uvira est aujourd’hui la capitale provisoire du Sud-Kivu. Nous constatons progressivement la reprise de la vie », a déclaré le gouverneur.
Jean-Jacques Purusi a par ailleurs annoncé la préparation d’un « Plan Marshall » consacré à la reconstruction et au développement de la province. Selon lui, ce programme devrait s’articuler autour de cinq secteurs prioritaires : l’agriculture, la transition écologique, les mines, le tourisme et l’énergie.
Trois jours de réflexion
L’ouverture de cet atelier intervient après l’arrivée du vice-Premier ministre à Uvira, le 19 septembre. À son arrivée, Jacquemain Shabani avait présidé une réunion élargie du Comité provincial de sécurité consacrée notamment à la situation sécuritaire et aux préparatifs de ces assises.
Durant trois jours, les participants vont poursuivre les discussions autour de la cohésion sociale, de la sécurité des personnes et des biens, du retour des populations déplacées ainsi que de la reprise du fonctionnement administratif et économique dans les zones affectées par la crise.
La rencontre intervient également dans un contexte où plusieurs organisations de la société civile du Sud-Kivu ont soumis au vice-Premier ministre des préoccupations liées notamment à la sécurité, à la justice, aux barrières routières, à la circulation des armes et au fonctionnement des services publics.
Ces organisations plaident pour des réponses concrètes aux difficultés signalées dans plusieurs territoires et villes de la province.
Christian Balemba
