Les organisations féminines de la société civile d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, renforcent leur collaboration pour contribuer aux efforts de paix et de cohésion sociale. Elles ont signé, jeudi 20 août 2026, un acte d’engagement destiné à accroître leur participation à la prévention et au règlement des conflits.
La cérémonie a clôturé huit jours d’atelier consacrés au renforcement des capacités des réseaux et organisations féminines. L’activité a été organisée par le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) au Sud-Kivu, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et d’ONU Femmes.
Plus de vingt participants, majoritairement des femmes, ont pris part aux travaux. Ils se sont engagés à mutualiser leurs efforts, à développer des initiatives communes en faveur de la paix et à renforcer leur collaboration avec les autorités, les organisations communautaires, les acteurs humanitaires et les autres intervenants dans la stabilisation d’Uvira.
L’acte d’engagement met également l’accent sur le leadership féminin et la participation des jeunes filles à la médiation, à la prévention des conflits, au plaidoyer et aux processus de consolidation de la paix. Les organisations participantes souhaitent aussi renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre et améliorer les mécanismes d’alerte précoce et de partage d’informations.
Parmi les structures engagées figure l’Union des femmes des médias pour la paix (UFMP Sud-Kivu), qui entend contribuer aux actions communes en faveur des droits et des priorités des femmes.
Une caravane pour promouvoir la paix
La dernière journée de l’atelier a été marquée par une caravane motorisée organisée autour du thème : « Ensemble, construisons une paix durable et inclusive pour renforcer la cohésion sociale à Uvira ».
Partie du pont Kalimabenge, la caravane a rejoint l’hôtel de ville d’Uvira, accompagnée par la fanfare kimbanguiste. L’acte d’engagement y a été officiellement remis aux autorités municipales.
Le document a été réceptionné au nom du maire par Jeanne d’Arc Chakupewa Mutambala, cheffe de Division unique. Elle a également apposé sa signature avant celles des représentants des différentes organisations féminines.
Au nom de l’autorité urbaine, elle a salué cette initiative et appelé les femmes à traduire leurs engagements en actions concrètes au sein des familles et des communautés.
« La signature de cet acte d’engagement constitue une responsabilité pour chacune de vous », a-t-elle déclaré.
Vers une meilleure coordination des organisations
Selon Fabienne Chekanabo, directrice exécutive provinciale du CAFCO Sud-Kivu, l’objectif de l’atelier était également de jeter les bases d’un comité technique de pilotage inclusif à l’échelle provinciale.
Cette structure devrait contribuer à rapprocher les organisations féminines, les mouvements de jeunes, les services étatiques et les mécanismes chargés de la mise en œuvre des résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que sur le rôle des jeunes dans la prévention et la résolution des conflits.
Les responsables du CAFCO Sud-Kivu et Déo Bahizire Kajemba, de l’UNFPA, ont appelé les participants à renforcer la collaboration, à partager leurs expériences et à mutualiser leurs ressources afin d’accroître l’impact de leurs interventions.
Au cours des huit jours de formation, les participants ont notamment abordé la gestion des conflits, le dialogue inclusif et le leadership transformationnel. Les échanges ont également porté sur les facteurs qui fragilisent la paix à Uvira et sur les obstacles à la participation des femmes dans certains mécanismes de résolution des conflits.
Avec l’accompagnement de Me Papy Kajabika, facilitateur de la formation, plusieurs pistes d’action ont été identifiées pour renforcer l’implication des femmes et des jeunes dans les processus de paix.
Le passage au Tribunal de grande instance d’Uvira, le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, a pour sa part salué l’engagement des femmes impliquées dans cette démarche.
Christian Balemba
