Les conditions de vie des populations de Minembwe, dans les hauts plateaux du territoire de Fizi, au Sud-Kivu, se détériorent davantage sur fond d’insécurité persistante. Confrontés aux pénuries de denrées alimentaires, à la hausse des prix et aux difficultés d’accès aux soins de santé, les habitants lancent un appel urgent aux parties impliquées dans les affrontements pour faciliter l’assistance humanitaire et protéger les civils.
Dans un témoignage recueilli dans la région, un résident décrit une situation particulièrement préoccupante, marquée par le manque de produits de première nécessité et la saturation des structures sanitaires. Selon lui, l’hôpital de Minembwe éprouverait de grandes difficultés à prendre en charge les nombreux malades et blessés, faute de moyens suffisants.
L’approvisionnement de la zone constitue également un défi majeur. Les commerçants qui desservent Minembwe sont contraints d’emprunter des itinéraires difficiles, notamment en passant par Uvira, Bijombo et Kamombo. Certains transporteraient leurs marchandises sur de longues distances, parfois à pied, au prix de déplacements risqués dans un contexte sécuritaire instable.
Cette situation affecte directement les ménages. Les produits alimentaires et autres biens essentiels se raréfient, tandis que leurs prix connaissent une hausse importante. Le résident évoque notamment le prix d’un kilogramme de sel, qui pourrait atteindre 30 dollars dans certaines circonstances. Ce chiffre, avancé dans son témoignage, reste toutefois à corroborer par d’autres sources.
La détérioration des conditions de vie intervient dans un contexte de tensions et d’affrontements entre les FARDC et différents groupes armés actifs dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Le témoin met particulièrement en cause les combattants Twirwaneho, qu’il accuse de ne pas garantir la sécurité des habitants et de ne pas faciliter suffisamment l’accès aux secours.
Les restrictions de circulation et la présence des groupes armés compliquent les déplacements des civils ainsi que l’acheminement de l’aide humanitaire. Les blessés, les enfants et les familles privées de moyens de subsistance figurent parmi les personnes les plus exposées aux conséquences de cette crise.
Face à cette situation, le résident plaide pour une démilitarisation de la zone et le déploiement urgent d’une force neutre afin de contribuer à la protection des civils. Il appelle également les différentes parties au conflit à garantir le passage des équipes de secours, l’évacuation des blessés et l’acheminement des vivres, des médicaments ainsi que d’autres produits indispensables.
Il demande aux responsables des forces présentes dans la région de privilégier les besoins des populations et de s’abstenir de toute action susceptible d’aggraver leur détresse.
Pour les habitants de Minembwe, l’urgence est désormais de retrouver un accès régulier à la nourriture, aux soins de santé et à la sécurité. Sans mesures concrètes pour faciliter les déplacements et l’assistance humanitaire, la crise risque de continuer à peser lourdement sur les familles déjà fragilisées par les conflits.
Bubasha Djuma Bob
