Une sécheresse persistante s’abat sur la partie nord du territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu, plongeant des milliers d’agriculteurs dans la détresse. Les groupements de Lugendo, Luhihi, Bushumba, Bugorhe et Irhambi Katana sont particulièrement touchés par l’absence prolongée de pluies, qui a anéanti les semences mises en terre depuis septembre, au début de la saison culturale A.
Alors que les populations locales s’attendaient à récolter leurs premières productions en ce mois de décembre, les champs sont restés désespérément secs. Les semences de haricots, manioc, maïs etc. n’ont pas germé, ou ont été brûlées par le soleil, faute d’humidité.
« C’est depuis octobre qu’aucune goutte de pluie n’est tombée. Nos plantes ont séché. D’habitude, c’est en cette période que débute la récolte du haricot, mais nos champs sont vides. On a tout perdu », témoigne une habitante de Lugendo.
Cette situation fait craindre une crise alimentaire imminente dans cette zone déjà fragilisée par l’insécurité et la pauvreté. Les agriculteurs, dont la survie dépend exclusivement des récoltes saisonnières, appellent à l’aide les autorités provinciales, nationales ainsi que les organisations humanitaires.
« La famine va s’installer, et malheureusement nous sommes toujours en guerre. Nous plaidons pour une assistance, s’il vous plaît », poursuit la même habitante.
Les leaders communautaires et les ONG locales alertent sur le risque d’un exode rural, si aucune réponse rapide n’est apportée. Ils demandent des interventions d’urgence, notamment en vivres, semences résistantes à la sécheresse, et appui à l’irrigation.
Cette sécheresse, qui s’inscrit dans un contexte de changements climatiques de plus en plus visibles dans la région des Grands Lacs, interpelle également sur la nécessité d’une politique agricole résiliente, capable de faire face aux aléas climatiques.
Roger AMANI
