De nouvelles barrières de perception d’argent seraient réapparues sur plusieurs tronçons de la Route nationale numéro 5 (RN5), dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, quelques semaines seulement après leur démantèlement lors d’une opération menée par les autorités militaires en collaboration avec le commandant Amuri William Yakotumbe.
Selon plusieurs usagers, ces barrières sont notamment signalées à Mukindja, Kotamabanga et à l’entrée de Misisi, ainsi que sur l’axe Kotamabanga–Mukinje–Kamukoba–Lulimba. Des voyageurs affirment qu’à certains points, chaque personne serait contrainte de payer jusqu’à 1 000 francs congolais avant de poursuivre son trajet.
Cette situation préoccupe la Société civile Forces vives de Fizi, qui dénonce la réapparition de ces barrières et les tracasseries dont seraient victimes les usagers de la RN5.
D’après la société civile locale, certaines de ces barrières seraient tenues par des éléments des FARDC et des groupes armés se réclamant des Wazalendo, notamment des factions du CNPSC et de la FABB.
Le président territorial de la Société civile Forces vives, Maître Jacques Alimasi, appelle les autorités militaires à intervenir pour faire démanteler ces points de contrôle.
« La réapparition des barrières payantes sur les tronçons Kotamabanga, Mukinje, Kamukoba et Lulimba nous préoccupe. Ces barrières seraient érigées par des éléments des FARDC et des groupes armés Wazalendo du CNPSC et de la FABB. La population y est soumise à des perceptions d’argent insistantes », rapporte-t-il.
Trois autres barrières auraient également été réinstallées sur l’axe Misisi–Nyange, selon la même source, qui les attribue à différentes factions armées, notamment la FABB et le CNPSC.
Cette situation intervient environ un mois après une opération de démantèlement de plusieurs barrières dans cette partie du territoire. Menée par les responsables militaires en collaboration avec le commandant Amuri William Yakotumba, cette opération avait notamment conduit à l’interpellation de certains éléments accusés de tracasser les civils.
Les responsables avaient alors appelé la population à signaler toute nouvelle barrière qui serait réinstallée sur la RN5.
Contacté afin de savoir si les nouveaux points de contrôle signalés ont été autorisés par ses services, le commandant Amuri William Yakotumba n’a pas encore pu être joint.
La Société civile Forces vives de Fizi demande aux autorités compétentes de prendre des mesures urgentes pour démanteler ces barrières, rétablir la libre circulation des personnes et des biens et mettre fin aux perceptions d’argent dénoncées sur cet axe.
Bubasha Djuma Bob
