La célébration de la fête du travail, commémorée ce vendredi 1er mai 2026, a laissé un goût amer à plusieurs travailleurs de la province du Sud-Ubangi. Sur place, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’abandon de l’État dans la gestion de leurs conditions socio-professionnelles, particulièrement en cette période sensible.
Pour plusieurs employés rencontrés, cette journée censée être un moment de reconnaissance et de valorisation du travail s’est transformée en occasion de frustration, notamment en raison du non-paiement des salaires du mois d’avril.
Un sexagénaire, interrogé à son domicile, a exprimé sa nostalgie des années passées, évoquant notamment la période du maréchal Mobutu Sese Seko :
« Mon fils, les choses ont changé. Je me rappelle en 1992, j’étais enseignant en deuxième année primaire. À l’occasion de cette fête, nous avions reçu des habits complets de même marque, avec des souliers noirs. Mobutu nous avait vraiment gâtés… tout le monde nous enviait. Aujourd’hui, vous n’avez rien trouvé », a-t-il déploré.
Malgré le caractère chômé et payé de cette journée, plusieurs travailleurs affirment n’avoir pas encore perçu leurs salaires du mois écoulé. Ils disent avoir espéré recevoir leur dû à l’occasion de cette fête dédiée aux travailleurs.
Cette situation relance une fois de plus le débat sur la gestion de la paie des agents publics et les conditions sociales des travailleurs dans la province.
Souleymane Nvenimbi
