Cinq personnes ont perdu la vie et une dizaine de maisons ont été incendiées dimanche 13 septembre 2026 dans le village de Bongo, groupement Bokanzi-Bongo, secteur de Banga-Kungu, dans le territoire de Gemena, province du Sud-Ubangi. Le drame, survenu en marge des funérailles d’un habitant décédé après des complications post-opératoires, a été marqué par l’effondrement d’une fosse ayant causé la mort de trois jeunes fossoyeurs, avant de dégénérer en actes de justice populaire et en incendies d’habitations.
Selon les informations recueillies par Expressmedias.net et confirmées lundi 14 septembre par les autorités locales, les événements ont débuté à la suite du décès d’un habitant du village. Après avoir subi une intervention dans un centre de santé local, son état de santé se serait détérioré à la suite de complications post-opératoires. Il avait alors été transféré en urgence à l’Hôpital général de référence de Bominenge, où il est finalement décédé.
Sa dépouille a ensuite été ramenée à Bongo pour les obsèques. C’est au cours des préparatifs de son inhumation qu’un second drame s’est produit. Trois jeunes chargés de creuser la tombe ont été ensevelis après l’effondrement des parois de la fosse. Les trois fossoyeurs sont morts sur le coup, selon les informations disponibles.
Ce nouvel incident a provoqué une vive colère parmi les personnes présentes aux funérailles. La tension est rapidement montée, avant de dégénérer en actes de violence et de justice populaire. Des habitants en colère se sont attaqués à plusieurs habitations du village, mettant le feu à une dizaine de maisons.
Parmi les habitations incendiées figurait celle du père du premier défunt. Celui-ci aurait été surpris à l’intérieur de sa maison et brûlé vif. Ce décès porte ainsi à cinq le nombre de personnes ayant perdu la vie au cours de ces événements.
Contacté à ce sujet, le commandant du sous-commissariat de la Police nationale congolaise de Bongo, M. Wetibu, a confirmé le bilan de cinq morts ainsi que l’incendie de plusieurs maisons d’habitation. Il affirme qu’un calme précaire est revenu dans la localité et que la situation demeure sous le contrôle des forces de l’ordre.
De son côté, l’administrateur du territoire adjoint, chargé de la politique et de l’administration (ATA-Polad) de Gemena, Roméo Ngamindo, appelle la population au calme et exhorte les habitants à renoncer à toute forme de justice populaire. Il condamne fermement les actes de violence enregistrés à Bongo et annonce l’ouverture d’enquêtes afin d’établir les responsabilités.
Pour l’autorité territoriale, les auteurs des violences devront répondre de leurs actes devant la justice, rappelant que « personne n’est au-dessus de la loi ».
Souleymane Nvenimbi
