À Gemena, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi, la question du taux de change continue de susciter de vives préoccupations au sein de la population. Malgré la volonté affichée du gouvernement congolais de stabiliser le marché des devises afin de soutenir le franc congolais, la réalité sur le terrain demeure marquée par une grande disparité des taux pratiqués.
Selon plusieurs témoignages recueillis ce dimanche 26 avril 2026, les cambistes ces changeurs de monnaie opérant dans les circuits informels appliquent des taux variables, souvent fixés à leur propre discrétion. Une situation qui crée une confusion généralisée et fragilise davantage le pouvoir d’achat des citoyens.
Un habitant de Gemena, ayant requis l’anonymat, déplore cette instabilité :
« Nous ne comprenons plus rien. L’État fixe un taux, mais certains opérateurs passent outre. Ce matin, on m’a proposé le dollar à 2 400 FC ici, ailleurs à 2 500 FC. Pourtant, il y a à peine deux jours, le même cambiste me l’avait vendu à 2 250 FC. »
Officiellement, le taux indicatif fixé par les autorités se situe autour de 2 220 francs congolais pour un dollar américain. Toutefois, ce repère semble peu respecté dans la pratique quotidienne. Même certains services de télécommunications appliquent leurs propres grilles, oscillant entre 2 365 et 2 370 FC pour un dollar, accentuant davantage cette disparité.
Cette multiplicité des taux n’est pas sans conséquence. Elle entraîne une hausse progressive des prix des produits manufacturés, impactant directement le coût de la vie dans la ville. Les commerçants, confrontés à l’instabilité du taux de change, répercutent ces variations sur les prix à la consommation, au détriment des ménages.
Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour appeler les autorités provinciales et nationales à renforcer les mécanismes de contrôle et de régulation du marché de change. La population attend des mesures concrètes pour harmoniser les pratiques et restaurer la confiance dans la monnaie nationale.
Dans un contexte économique déjà fragile, la stabilisation du taux de change apparaît comme un levier essentiel pour préserver le pouvoir d’achat et garantir une certaine prévisibilité dans les échanges commerciaux.
Souleymane NVENIMBI
