La consommation du cannabis chez les jeunes prend une ampleur préoccupante dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu. Face à ce phénomène, le mouvement citoyen Machozi ya Raïya lance une alerte et appelle les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de prévention, de surveillance et de lutte contre le trafic de cette substance. Dans une dénonciation rendue publique et consultée ce samedi 31 octobre 2026, l’organisation évoque une situation qui toucherait différentes catégories de la population, notamment les élèves, les étudiants et plusieurs jeunes exerçant des activités professionnelles.
Selon ce mouvement citoyen, les personnes concernées seraient notamment des élèves du secondaire, des étudiants, des musiciens, des conducteurs de motos-taxis ainsi que des débardeurs. Il affirme également que certains consommateurs utiliseraient des lieux discrets pour se livrer à cette pratique, parfois en associant le cannabis au tabac et aux boissons fortement alcoolisées.
Au-delà de la consommation, Machozi ya Raïya dénonce l’existence présumée de circuits clandestins de commercialisation. L’organisation estime que l’accessibilité de cette substance, notamment en raison de son prix relativement bas, favoriserait sa circulation dans différents quartiers de la ville.
Le mouvement exprime également ses préoccupations concernant l'implication présumée de certains membres des forces de sécurité et de groupes armés locaux dans ce phénomène. Des policiers, des militaires et des éléments Wazalendo sont notamment cités dans les dénonciations, soit pour leur consommation supposée, soit pour leurs liens présumés avec des personnes impliquées dans la commercialisation du cannabis. Ces accusations, qui n'ont pas été indépendamment établies, nécessitent des vérifications et des éclaircissements de la part des services concernés.
Face à cette situation, Machozi ya Raïya demande aux autorités de renforcer les opérations de contrôle, d'identifier et de démanteler les réseaux de distribution clandestine et de poursuivre les personnes impliquées conformément aux lois en vigueur.
L'organisation appelle également les parents à jouer pleinement leur rôle dans l'encadrement des enfants, notamment à travers le dialogue familial, la sensibilisation et le suivi de leurs fréquentations.
Sur le plan sanitaire, la consommation du cannabis peut avoir des effets sur la mémoire, l'attention et les capacités d'apprentissage. Elle peut également présenter des risques pour la santé mentale, particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes. L'association avec l'alcool ou d'autres substances psychoactives peut davantage aggraver les risques.
Cette alerte remet ainsi au centre du débat la question de la protection de la jeunesse à Uvira. La lutte contre ce phénomène nécessite une collaboration entre les autorités administratives, les services de sécurité, les structures sanitaires, les établissements scolaires, les organisations de la société civile et les familles.
Pour le mouvement citoyen Machozi ya Raïya, il est urgent que des mesures concrètes soient prises afin de limiter la circulation du cannabis et de protéger les jeunes contre ses conséquences sanitaires et sociales.
Christian Balemba
