Dans un contexte de regain de tensions diplomatiques transatlantiques, les dirigeants de six pays majeurs de l’Union européenne — la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni — ont publié mardi une déclaration conjointe exprimant leur ferme soutien au Danemark, mis sous pression par les récentes déclarations controversées de l’ancien président américain Donald Trump concernant le Groenland.
Selon Le Figaro, les chefs d’État et de gouvernement de ces six nations ont tenu à réagir face aux « revendications unilatérales » de Donald Trump, qui a, une fois encore, évoqué l’idée que les États-Unis pourraient revendiquer un rôle direct ou une forme d’autorité sur le territoire du Groenland, région autonome relevant du Royaume du Danemark.
« Il revient au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions concernant le Danemark et le Groenland », ont rappelé les dirigeants européens dans leur communiqué commun. Cette position sans équivoque réaffirme la souveraineté pleine et entière du Royaume du Danemark sur l’ensemble de ses territoires, y compris le Groenland, qui dispose toutefois d’un haut degré d’autonomie.
La déclaration souligne également le cadre stratégique et géopolitique dans lequel s’inscrit cette solidarité européenne. « Le Royaume du Danemark est un membre à part entière de l’OTAN, tout comme les États-Unis, avec lesquels il est lié par des accords de défense bilatéraux et multilatéraux. Il est donc impératif de respecter les principes de souveraineté, d’intégrité territoriale et de non-ingérence entre alliés. »
Cette sortie européenne intervient alors que Donald Trump, en campagne active pour une nouvelle candidature à la Maison Blanche, a ravivé un sujet déjà source de controverse en 2019 lorsqu’il avait proposé d’acheter le Groenland, suscitant alors la stupéfaction et une vive réaction des autorités danoises.
Du côté de Copenhague, le gouvernement danois n’a pas tardé à saluer le soutien européen, qualifiant cette déclaration de « preuve tangible de la solidarité européenne face à une tentative de remise en cause du droit international ». Les autorités groenlandaises, quant à elles, ont également réaffirmé leur attachement à l’union avec le Danemark, tout en revendiquant leur autonomie de gestion dans les domaines prévus par le statut.
Pour de nombreux observateurs, cette nouvelle sortie de Donald Trump s’inscrit dans une logique de provocation géopolitique, visant à séduire une partie de son électorat sensible aux enjeux stratégiques et énergétiques de l’Arctique. Le Groenland, riche en ressources naturelles et positionné stratégiquement dans l’Atlantique Nord, suscite en effet l’intérêt croissant de plusieurs grandes puissances, dans un contexte de bouleversement climatique accélérant les convoitises autour de l’exploitation de nouvelles routes maritimes et de gisements miniers.
L’Union européenne, par cette déclaration concertée, cherche à envoyer un message clair : les frontières et la souveraineté des États membres et de leurs territoires associés ne sauraient être remises en cause, même sous forme de propositions jugées fantaisistes ou provocatrices.
