À Kisangani, deux figures du mouvement citoyen LUCHA ont été arrêtées en l’espace de 48 heures. Une situation qui soulève de vives inquiétudes au sein de la société civile et relance le débat sur l’espace des libertés publiques en province de la Tshopo.
L’arrestation coup sur coup de Jedidia Mabela, puis de Zacharie Kingombe, a créé une onde de choc dans la capitale provinciale de la Tshopo. Le premier, appréhendé le 1er octobre et transféré aussitôt à la prison centrale, fait face à une procédure de flagrance pour « imputations dommageables » et « propagation de faux bruits ». Des accusations que la LUCHA juge « fabriquées de toutes pièces » pour museler la critique citoyenne.
Moins de vingt-quatre heures plus tard, le 2 octobre, son camarade Zacharie Kingombe était à son tour enlevé par des hommes armés. Depuis, aucune information officielle n’a filtré sur le lieu de sa détention, alimentant les craintes de disparition forcée. Cette incertitude, doublée de la brutalité de l’intervention, a plongé ses proches et compagnons de lutte dans l’angoisse.
Pour la LUCHA, ces arrestations s’inscrivent dans une logique de répression visant à faire taire toute voix critique à Kisangani. L’organisation rappelle que les deux militants venaient de participer, le 30 septembre, à un sit-in pacifique devant l’Assemblée provinciale pour dénoncer la mauvaise gouvernance et exiger plus de transparence dans la gestion des finances publiques. Cette manifestation avait été violemment dispersée, laissant plusieurs blessés parmi les participants.
Les accusations portées contre le gouverneur Paulin Lendongolia sont claires : instrumentalisation de la justice, priorités budgétaires contestées et mépris des besoins réels de la population. La LUCHA cite en exemple le financement jugé « scandaleux » d’événements festifs, alors que la province reste confrontée à un manque criant d’eau potable, d’électricité et de routes praticables.
À Kisangani, la tension est palpable. Entre appels à la libération immédiate des deux militants et inquiétudes croissantes pour leurs conditions de détention, la société civile redoute une fermeture progressive de l’espace démocratique. Dénoncer pacifiquement la mauvaise gouvernance ne devrait jamais être un crime, martèle la LUCHA, qui en appelle désormais à l’intervention du Chef de l’État.
Abdoul ULAFIA
