Le vent de la rigueur souffle sur l'hémicycle provincial de la Tshopo. À l'issue de la session ordinaire de septembre 2025, l'heure est au bilan, et celui-ci s'avère amer pour plusieurs élus. Le couperet de l'invalidation plane désormais sur la tête de ceux qui ont brillé par leur absence répétée aux séances plénières.
L'annonce a été faite avec fermeté ce lundi 29 décembre par le président de l'Assemblée provinciale, Mateus Kanga Londimo. Cette décision s'appuie sur un rapport technique détaillé présenté par le rapporteur, Paul Ruffin Lokesa Bomboli, lequel a compilé les statistiques de présence tout au long de la session.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
* 22 séances plénières ont été organisées durant la session.
* Certains élus n'ont pas atteint 50 % de présence.
* Le seuil légal de 25 % d'absences non justifiées a été largement dépassé par plusieurs députés.
La loi dans toute sa rigueur
Le bureau de l'Assemblée s'appuie sur un socle juridique solide. En République démocratique du Congo, le mandat parlementaire est régi par des règles de discipline strictes :
Base légale : Les articles 110 (point 6) et 197 de la Constitution stipulent que l'absence non justifiée à plus d'un quart des séances d'une session entraîne d'office la fin du mandat.
Pour Mateus Kanga Londimo, il s'agit d'une question de survie institutionnelle :
« Le mandat parlementaire est une responsabilité confiée par le peuple, et non un privilège personnel », a-t-il martelé.
L'objectif affiché est de restaurer la crédibilité de l'organe délibérant face à un laxisme qui paralyse le contrôle de l'action gouvernementale.
La publication imminente de la liste des députés visés par l'invalidation crée un véritable séisme politique à Kisangani. Si la procédure arrive à son terme, plusieurs suppléants pourraient être appelés à siéger, modifiant potentiellement l'équilibre des forces au sein de l'Assemblée.
L'opinion publique tshopolaise, lassée par l'inefficacité de certains de ses représentants, salue majoritairement cette initiative qui place l'assiduité au cœur du contrat entre l'élu et le citoyen.
Abdoul ULAFIA
