La 20ᵉ Communauté Évangélique au Centre de l’Afrique (CECA 20/ECC) dit faire face à une nouvelle crise foncière à Kisangani. Dans une déclaration rendue publique jeudi 13 août 2026, l’Église affirme qu’une partie de sa concession située au PK 7, dans la commune de Kabondo, ferait l’objet d’une tentative de morcellement qu’elle qualifie d’illégale.
Au-delà du différend foncier, la communauté religieuse affirme également que des menaces pèseraient sur la sécurité de ses pasteurs, de ses responsables et de ses fidèles.
La dénonciation a été faite à l’issue d’un rassemblement de prière organisé par la CECA 20. Dans une déclaration officielle référencée « Dénonciation n°001/SEC 20/CK », les responsables de l’Église ont interpellé les autorités provinciales et nationales sur ce qu’ils présentent comme une situation préoccupante.
Selon la CECA 20, la concession concernée se trouve sur la 23ᵉ avenue, quartier Musibasiba, secteur de Kibibi, dans la commune de Kabondo.
L’Église affirme détenir un certificat d’enregistrement en cours de validité, qu’elle considère comme la preuve de son droit de propriété sur cette parcelle.
Une nouvelle tentative de lotissement dénoncée
Les responsables de la communauté accusent certains acteurs locaux de chercher à morceler et à lotir une partie de leur concession.
Dans sa déclaration, la CECA 20 cite notamment Mabruki Sombo, Tony Motumba et Kandolo Zumbute-Sébastien, à qui elle reproche d’avoir, selon ses termes, usurpé des qualités administratives dans le cadre de cette affaire.
Il convient de préciser que ces accusations sont formulées par la CECA 20 et que les personnes mises en cause n’ont pas, à ce stade, réagi publiquement dans les éléments disponibles.
Un conflit qui remonterait à 2025
L’Église affirme que le différend foncier ne date pas d’aujourd’hui.
Elle rappelle qu’en avril 2025, une première tentative de lotissement de la concession aurait été engagée sur la base de rapports que la communauté qualifie de faux.
Selon la CECA 20, cette démarche aurait été suspendue après l’intervention du gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga Okelenge, saisi par Mgr Samuel Lotika N. Bangala, président provincial de l’ECC/Province Orientale.
D’après la déclaration de la communauté, la situation se serait aggravée en juin 2026 avec l’implication présumée de groupes de pression et d’associations de jeunes.
La CECA 20 affirme que trois groupes auraient été mobilisés pour effectuer des descentes sur le site et tenter d’imposer un lotissement qu’elle juge illégal.
L’Église dénonce également ce qu’elle présente comme une campagne de désinformation visant sa concession de Kibibi.
Selon elle, le site aurait été présenté comme un « dortoir de criminels » et plusieurs vidéos auraient circulé sur les réseaux sociaux afin de créer un climat d’insécurité autour de la paroisse CECA 20.
Là encore, ces affirmations émanent de la communauté religieuse et n’ont pas été corroborées par une enquête indépendante dans les informations disponibles.
La CECA 20 interpelle les autorités
Face à cette situation, les responsables de l’Église demandent l’intervention des autorités compétentes.
Ils sollicitent notamment du gouverneur de la Tshopo la protection des titres fonciers qu’ils considèrent comme légitimes et l’arrêt des tentatives de morcellement dénoncées.
La communauté appelle également le président de l’Assemblée nationale et le gouvernement central à veiller à la protection des concessions appartenant aux communautés religieuses.
Enfin, elle demande aux services de sécurité et aux autorités judiciaires d’ouvrir des enquêtes sur les vidéos qu’elle présente comme falsifiées ou mises en scène et d’identifier les éventuels auteurs des troubles dénoncés.
Alors que ce dossier mêle désormais questions foncières, tensions communautaires et préoccupations sécuritaires, la CECA 20 appelle les autorités à privilégier les voies légales afin d’éviter toute escalade du conflit autour de la concession de Kibibi, au PK 7 de Kisangani.
Gaston Bilambo Kanyi
