La biodiversité aquatique du territoire d’Isangi, dans la province de la Tshopo, est confrontée à une raréfaction de certaines espèces de poissons, attribuée par plusieurs acteurs locaux à la multiplication de pratiques de pêche jugées destructrices.
Parmi les techniques dénoncées figure l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide pour capturer les poissons. Une autre pratique locale, appelée « Nduka Presser », permettrait également de capturer des poissons de très petite taille, voire des œufs, compromettant ainsi le renouvellement naturel des espèces.
D’autres engins de pêche considérés comme inadaptés seraient également utilisés dans certains cours d’eau du territoire. La répétition de ces pratiques pourrait contribuer à la diminution des stocks de poissons et à la perturbation des écosystèmes aquatiques.
Des pêcheurs expliquent cette situation notamment par les difficultés socio-économiques auxquelles sont confrontées les communautés locales. La pauvreté, la croissance démographique et le manque d’opportunités d’emploi poussent plusieurs ménages à dépendre fortement des ressources halieutiques pour leur alimentation et leurs revenus.
Cette forte dépendance accentue toutefois la pression exercée sur les ressources disponibles. À terme, la diminution des poissons pourrait entraîner une baisse des revenus des pêcheurs et aggraver les difficultés d’accès à l’alimentation dans les communautés riveraines.
Face à cette situation, les services étatiques chargés de la pêche, de l’environnement et de la conservation de la biodiversité sont appelés à renforcer les contrôles sur le terrain.
Les acteurs locaux plaident également pour une intensification de la sensibilisation des pêcheurs et la promotion de techniques de pêche durables. Ils recommandent notamment la protection des zones de reproduction, le respect des périodes de repos biologique et la lutte contre l’utilisation d’engins de pêche destructeurs.
Pour les communautés d’Isangi, la préservation des ressources aquatiques constitue un enjeu à la fois environnemental, économique et alimentaire. La protection de cette biodiversité nécessite ainsi l’implication des autorités, des pêcheurs, des communautés locales et des organisations engagées dans la conservation de l’environnement.
Gaston Bilambo Kanyi
