Le naufrage de la baleinière Rehobote, survenu à Yawalo, en face de Yanonge dans le territoire d’Isangi, connaît un nouveau développement. Un corps sans vie, présenté comme celui d’un jeune homme, a été découvert ce vendredi 4 septembre à l’intérieur de l’embarcation.
D’après plusieurs sources locales, la dépouille aurait été retrouvée après le retrait d’une partie des marchandises restées à bord depuis l’accident. La baleinière aurait fait naufrage après avoir heurté un fagot de bois.
Cette découverte pourrait remettre en cause le premier bilan de l’accident, qui ne signalait jusque-là aucune perte humaine. L’identité de la victime ainsi que les circonstances exactes de son décès devront être établies par les autorités compétentes.
Le propriétaire de l’embarcation recherché ?
Par ailleurs, des informations non encore confirmées officiellement font état de la fuite du propriétaire de la REHOBOTE depuis le jour du naufrage.
Samuel Singili, habitant de Yanonge, affirme que seul le gérant de l’embarcation se trouverait actuellement en détention provisoire. Ces éléments devront toutefois être vérifiés auprès des services chargés de l’enquête.
La découverte de cette dépouille soulève ainsi de nouvelles interrogations sur les circonstances du naufrage, la gestion de l’embarcation et le bilan réel de l’accident.
Deux naufrages signalés dans la même zone
L’accident de la REHOBOTE intervient alors qu’un autre naufrage aurait été enregistré quelques jours plus tard dans la même zone.
Une seconde baleinière aurait sombré mercredi vers 11 heures à Yawalo. Les premières informations disponibles font état de dégâts matériels, sans qu’un bilan humain définitif ne soit établi.
Cette succession d’accidents ravive les préoccupations concernant la sécurité du transport fluvial dans le territoire d’Isangi.
La société civile demande un contrôle plus strict
Face à cette situation, la Nouvelle Société civile congolaise appelle les autorités à renforcer les contrôles portant sur l’état des embarcations et le respect des règles de navigation.
Pierre Boketshu dénonce notamment la persistance de pratiques qu’il estime dangereuses pour les passagers et les activités économiques.
« Depuis plusieurs décennies, nous continuons à demander aux services attitrés de veiller au respect de la réglementation de la navigation et surtout à l’état des baleinières, en vain. Certaines baleinières devraient déjà être déclassées, mais elles continuent à effectuer des voyages sous l’œil impuissant de l’État, mettant ainsi la vie des Congolais et l’économie locale en danger », déclare-t-il.
Le responsable de la société civile estime que la question de la sécurité fluviale nécessite une réponse qui dépasse le seul territoire d’Isangi.
Il plaide notamment pour que les investissements réalisés dans la modernisation du transport fluvial à Kinshasa bénéficient également aux populations des provinces.
« Nous venons de voir le gouvernement congolais inaugurer les bateaux à Kinshasa. Il serait important de mettre ces embarcations à la disposition des populations dans les provinces et territoires qui continuent à déplorer les pertes en vies humaines et des biens matériels depuis plusieurs décennies », plaide-t-il.
La découverte du corps dans la REHOBOTE devrait désormais conduire à des investigations approfondies afin d’établir le bilan définitif du naufrage et de déterminer les circonstances exactes de l’accident ainsi que les éventuelles responsabilités.
Gaston Bilambo Kanyi
