Huit mois après leur mise en circulation à Boende, chef-lieu de la province de la Tshuapa, les bus de la Société de transport du Congo (Transco) sont toujours immobilisés, faute de routes praticables. Une situation qui suscite l’inquiétude de la population et relance le débat sur le déficit chronique d’infrastructures routières dans cette partie du pays.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place ce vendredi 14 août 2026, les bus envoyés par le gouvernement central n’ont assuré que huit rotations au profit des habitants avant de suspendre leurs activités. Ils desservaient notamment l’axe Wema–Boende, présenté comme l’un des principaux corridors de déplacement pour les populations locales.
Pour les habitants, la cause principale de cet arrêt réside dans la dégradation avancée des routes. Certaines portions seraient devenues difficilement praticables, empêchant les véhicules de transport en commun de circuler dans des conditions normales de sécurité et de rentabilité.
Cette paralysie affecte directement la mobilité des populations. Les usagers se retrouvent contraints de recourir à des moyens de transport alternatifs, souvent plus coûteux, moins sûrs et moins réguliers.
Face à cette situation, les habitants de Boende lancent un appel au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à travers le ministère des Infrastructures et Travaux publics. Ils demandent la réhabilitation et la construction des routes à Boende et dans les territoires environnants, estimant que l’amélioration du réseau routier constitue la condition essentielle à la reprise des activités de Transco.
Pour plusieurs acteurs locaux, l’immobilisation des bus illustre les limites des politiques de transport lorsqu’elles ne sont pas accompagnées d’investissements suffisants dans les infrastructures de base. La mise à disposition des véhicules n’a pas produit les résultats attendus en raison de l’état des voies de communication.
Au-delà du seul cas de Transco, cette situation remet en lumière les difficultés structurelles auxquelles la province de la Tshuapa reste confrontée. Les acteurs de la société civile et les habitants dénoncent depuis longtemps le manque de routes modernes et entretenues, qu’ils considèrent comme un frein majeur au commerce, à l’accès aux services sociaux et au développement économique de la région.
Ils estiment qu’une amélioration durable des infrastructures routières permettrait non seulement de relancer le transport public, mais aussi de faciliter l’acheminement des produits agricoles, de réduire les coûts de déplacement et de renforcer l’intégration des territoires de la province.
En attendant une éventuelle intervention des autorités compétentes, les bus Transco demeurent stationnés à Boende, symbole pour beaucoup d’un service public lancé avec espoir mais aujourd’hui paralysé par l’état du réseau routier.
José Engonge Itoko
