Face à la recrudescence alarmante des Violences Basées sur le Genre (VBG) au Kasaï-Central, une synergie d'organisations non gouvernementales et d’associations a marqué un tournant dans sa lutte.
Ce samedi 8 novembre 2025, un culte œcuménique s’est tenu à l’Église « Jésus la Porte » à Kananga, sous le thème fédérateur : « Agir ensemble pour un monde sans violence ».
La cérémonie interconfessionnelle, qui s'est déroulée dans l'église Jésus la porte à Kamayi , a réuni des autorités, des leaders religieux, des ONG locales et internationales, et des membres de la communauté, tous unis pour dénoncer ce fléau qui « détruit les mœurs kasaïennes ».
S'exprimant au nom de la synergie, Jacqueline Tshibuabua a présenté un bilan qui glace le sang :
« Nous avons comptabilisé trois cents (300) cas de VBG au cours de l'année, dont cent cas de violences conjugales ayant conduit une femme à la mort dans la ville de Kananga, dans la commune de Katoka, à Kapanda. »
Mme Tshibuabua a également expliqué la motivation spirituelle de cette démarche :
« Nous apprenons que des bourreaux commettent ces actes suite à des influences du monde des ténèbres, du pouvoir occulte. C’est pourquoi nous avons organisé ce culte, car seul Dieu est capable de tout changer».
Le culte œcuménique du 8 novembre n’était que la première étape d’une action plus vaste et concrète.
Les organisateurs ont annoncé le lancement prochain d'une campagne de sensibilisation massive qui sera déployée dans les communes, quartiers et jusque dans les villages pour mettre fin à ce fléau.
Cet engagement a été salué par Emmanuel Iza Kabukapu Kasende, coordonnateur provincial de la Nouvelle Société Civile du Peuple, et encouragé par Paul Magna Magna, coordonnateur provincial de la cellule mixte de la masculinité positive, qui a appelé à l'adoption de comportements respectueux.
L'ONG Voix des Jeunes du Grand Kasaï (VJKA-ASBL), représentée par sa coordinatrice Merveille Tshibola, a également réaffirmé son engagement à sensibiliser les jeunes sur les conséquences des VBG et à promouvoir l'égalité.
Face à la situation préoccupante où l'on note par ailleurs que plus de 3 000 cas de VBG ont été enregistrés au premier semestre 2025 dans la province, dont 60 % concernent des mineurs victimes de viols la synergie continue de plaider pour des actions concrètes et coordonnées afin de protéger les victimes et prévenir de nouvelles violences.
Dénis Ngalamulume