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SÉCURITÉ
Bubasha Djuma Bob, correspondant au Sud-Kivu

Publié le Jeudi 24 septembre 2026

Nombre de lectures: 126

Uvira : les Wazalendo demandent des enquêtes sur les fonds de l’effort de guerre

Des combattants Wazalendo engagés sur les fronts d’Uvira, Fizi et Mwenga-Itombwe dénoncent des irrégularités présumées dans la gestion des ressources destinées à leur prise en charge et réclament des enquêtes sur les fonds affectés à l’effort de guerre. Dans un communiqué, ils demandent également une meilleure représentation des différentes coordinations et une répartition équitable des moyens destinés aux combattants.

Le collectif rejette d’abord les accusations faisant état d’un détournement des taxes de l’État au niveau de Kavimvira. Les signataires affirment qu’après le retrait du M23 de certaines zones, aucun combattant Wazalendo armé ne franchirait la barrière de la Direction générale des douanes et accises (DGDA). Ils contestent ainsi toute implication de leurs combattants dans la perception ou la gestion des taxes relevant de cette administration.

Concernant les barrières installées sur la RN5 entre Uvira et la Ruzizi, les Wazalendo affirment qu’il s’agit principalement de postes de contrôle destinés, selon eux, à filtrer les personnes susceptibles de s’infiltrer depuis les zones contrôlées par l’AFC-M23. Ils reconnaissent toutefois que des contributions sont demandées à certains usagers et expliquent que celles-ci servent notamment à assurer la ration des combattants présents au front.

Sur la question du cantonnement, le collectif estime que les conditions sécuritaires actuelles ne permettent pas encore une telle opération. Il affirme toutefois qu’une stabilisation de la situation pourrait permettre aux combattants de retourner à la vie civile. Les signataires conditionnent cette perspective à la mise en place d’un processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) qu’ils souhaitent crédible et digne.

Le communiqué évoque également la représentation des différentes coordinations Wazalendo dans le Sud-Kivu. Le collectif cite quatre coordinations : Yakutumba, Kalembe Ngoma Nzito, Kamama Mbigirwa et Alexis Mwamba Dunia. Il dénonce cependant l’exclusion présumée des coordinations de Kalembe et de Kamama, qu’il affirme être actives sur les lignes de front. Il met aussi en cause l’existence supposée de structures qu’il qualifie de fictives et qui bénéficieraient, selon lui, de ressources destinées aux combattants.

La gestion des fonds constitue l’un des principaux points de la revendication. Les signataires demandent des explications sur une enveloppe de 4 millions de dollars américains annoncée pour la prise en charge des Wazalendo. Cette question fait déjà l’objet d’interrogations au niveau parlementaire : le député national Claude Misare a récemment demandé au ministre de la Défense des éclaircissements sur la répartition et les bénéficiaires effectifs de ces ressources. Des informations rapportées par plusieurs médias font état de primes allant, selon les témoignages recueillis, de 50 à 325 dollars pour certains combattants, tandis que d’autres affirment n’avoir rien perçu.

Dans leur communiqué, les Wazalendo évoquent également une somme de 50 000 dollars américains qu’ils estiment avoir été détournée par l’intermédiaire du commandement de la 33e région militaire. Ils soulèvent par ailleurs la question des contributions liées au Club des pétroliers d’Uvira, évoquant un montant de 400 dollars par citerne pour environ 1 200 citernes par mois.

Ces montants et accusations sont présentés par les signataires du communiqué et n’établissent pas, à eux seuls, l’existence de détournements. Ils nécessitent des vérifications indépendantes et les éventuelles réponses des institutions ou personnes mises en cause.

Le collectif demande également la libération de James Fyeka Aduwi et de Mboleza, présentés comme leurs camarades. Il réclame la création d’une commission d’enquête chargée de vérifier la représentation effective des différentes coordinations sur les lignes de front et d’examiner la gestion des ressources destinées aux combattants.

Les signataires demandent enfin une répartition équitable de la logistique entre les quatre coordinations citées, la restitution des sommes provenant des contributions des opérateurs pétroliers ainsi qu’une prise en charge des combattants invalides, des veuves et des orphelins.

Dans leur communiqué, les Wazalendo réaffirment leur loyauté envers la République démocratique du Congo et sollicitent des autorités compétentes des réponses aux différentes préoccupations soulevées.

Bubasha Djuma Bob

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Bubasha Djuma Bob, correspondant au Sud-Kivu

Publié le Jeudi 24 septembre 2026

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