Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, montrant un homme affirmant avoir été agressé par des militaires sur la Route Nationale n°1 (RN1), a été formellement démentie par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), qui dénoncent une tentative de manipulation de l’opinion.
Dans cette séquence largement partagée, l’individu soutenait avoir transporté des militaires de Kinshasa à Kikwit avant d’être attaqué à proximité de l’entrée de la ville de Kenge, dans la province du Kwango. Il affirmait que ces derniers lui auraient réclamé de l’argent, puis l’auraient agressé à l’arme blanche au niveau de la tête avant de lui tirer une balle au thorax alors qu’il tentait de fuir.
Alerté par la gravité de ces accusations, le commandement de la 11e région militaire indique avoir immédiatement lancé des patrouilles et des opérations de fouille dans la zone concernée, notamment avec l’appui du 11022e bataillon déployé à Kenge ainsi que des services de renseignement opérant sur la RN1, précise le Capitaine Antony Mualushayi, Directeur de communication de la 11e région militaire.
Selon le communiqué daté du 18 avril 2026 dont une copie parvenue à Expressmedias.net, après 24 heures de recherches intensives, aucune trace ni aucun élément ne sont venus confirmer la survenance d’un tel incident. Les vérifications effectuées sur le terrain ainsi que l’analyse de la vidéo n’ont révélé aucun fait correspondant au récit présenté.
Au terme du recoupement des informations, les FARDC concluent plutôt à une mise en scène. L’homme à l’origine de la vidéo serait impliqué dans une affaire d’escroquerie visant plusieurs commerçants de Tshikapa, dans la province du Kasaï. Se faisant passer pour un agent œuvrant pour le compte de la Présidence de la République, il leur aurait soutiré d’importantes quantités de maïs ainsi que des sommes d’argent, en promettant des bénéfices doublés.
Acculé par des dettes et des engagements non tenus, il aurait ainsi fabriqué cette histoire dans le but de détourner l’attention et tromper l’opinion publique. Dans ce contexte, son épouse aurait quitté leur domicile à Tshikapa avec les enfants et les biens familiaux, dans ce qui est présenté comme une fuite liée à cette affaire.
Les FARDC dénoncent des allégations mensongères visant à ternir leur image et appellent la population à faire preuve de vigilance face à la désinformation sur les réseaux sociaux. Elles invitent toute personne disposant d’informations utiles à contribuer à la localisation et à l’interpellation de cet individu en contactant les services compétents.
Un numéro a été mis à disposition à cet effet : +243 974 466 945.
Cette affaire relance le débat sur la propagation de fausses informations en République démocratique du Congo, dans un contexte où les réseaux sociaux occupent une place croissante dans la diffusion de l’information.
Emery poya
