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POLITIQUE
Stony Mulumba Sha Mbuyi, Directeur de publication

Publié le Samedi 11 octobre 2025

Nombre de lectures: 189

Volte-Face ou audace de paix ? La « main tendue » de Tshisekedi à Kagame dénoncée comme une « humiliation nationale » par l'opposition

La récente initiative du Président Félix Tshisekedi d’affirmer vouloir « tendre la main » à son homologue rwandais, Paul Kagame, a engendré une onde de choc au sein de la classe politique congolaise. Loin de saluer une démarche d’apaisement dans la dynamique des Grands Lacs, plusieurs figures de l’opposition – notamment Olivier Kamitatu, Claudel André Lubaya et Prince Epenge – ont violemment critiqué cette posture, la qualifiant d’ambiguë, de dangereuse et, pour certains, d’« humiliation nationale ». Le débat s’est déplacé du simple geste diplomatique à une question fondamentale de la souveraineté économique et de la crédibilité de la diplomatie congolaise.

Pour Claudel André Lubaya, ancien parlementaire influent, le revirement du Président Tshisekedi est le symptôme d’une diplomatie incohérente et instable. Lubaya dénonce la versatilité des positions du Chef de l'État, qui, jusqu’à récemment, tenait des postures virulentes envers Kigali avant d'opérer un tournant jugé non préparé.

« Le président Tshisekedi passe pour un maître en incohérences politiques, ambiguïtés diplomatiques et retournements ridicules », a-t-il affirmé.

Lubaya accuse le président d’émettre des promesses sans fondement stratégique et d’adopter une communication opportuniste. Il exhorte l'opinion publique et la presse à juger les actes et non les paroles afin de ne pas se laisser berner par de simples effets d’annonce. Pour lui, ce revirement sans cadre clair et transparent représente un danger réel pour la crédibilité et l’efficacité de la diplomatie congolaise sur la scène internationale.

De son côté, Prince Epenge, membre éminent de la plateforme Lamuka, a poussé la critique dans une dimension symbolique et économique. Il a affirmé que ce geste de Tshisekedi est allé au-delà de sa personne, constituant une « humiliation » pour toute la RDC.

« Ce n’est pas Tshisekedi qui s’est humilié, c’est le grand Congo qui se met à genoux devant Paul Kagame », a-t-il dénoncé avec force.

Au-delà du symbolisme, Epenge met en garde contre les conséquences matérielles de ce rapprochement. Il avance un scénario de glissement vers une cogestion déguisée des ressources congolaises, accusant Tshisekedi « d’hypothéquer » des richesses nationales (minerais, lacs, parcs) dans un souci de survie politique ou de pacification à tout prix. Cet avertissement souligne la crainte que l’ouverture diplomatique ne se traduise par des concessions économiques non transparentes au profit d’intérêts étrangers.

Les interventions combinées de Kamitatu, Lubaya et Epenge renforcent un front critique uni dans le rejet d'une paix sans conditions. Leurs analyses convergent sur plusieurs points, bien que chacun apporte un éclairage spécifique :

Olivier Kamitatu insiste sur le caractère « mots vides » de la main tendue, exigeant une paix construite d’abord entre Congolais et une stratégie claire. Par ailleurs, Claudel Lubaya dénonce l’incohérence et l’instabilité de la politique extérieure du président, soulignant le manque de vision stratégique à long terme.

Prince Epenge avance le scénario le plus grave, craignant une perte de souveraineté économique et un bradage des richesses nationales sans contrôle démocratique.

Ce malaise profond révèle que le débat ne porte plus uniquement sur la diplomatie, mais sur la légitimité et la transparence du pouvoir à engager le pays sur des questions aussi vitales sans impliquer le contrôle parlementaire et citoyen.

La « main tendue » du Président Tshisekedi marque un tournant potentiellement historique, mais elle sera jugée à l'aune de sa capacité à se traduire en actions crédibles et transparentes. Elle ne doit pas rester un simple effet de manche, mais doit se mesurer aux faits, à la cohésion nationale et au respect des attentes du peuple congolais. Si le président souhaite faire de la paix une ligne directrice de sa présidence, il est désormais sommé de prouver que ses actes sont à la hauteur de ses paroles, sous la surveillance d’une opinion publique et d’une opposition de plus en plus exigeantes.

Stony Mulumba Sha Mbuyi

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Stony Mulumba Sha Mbuyi, Directeur de publication

Publié le Samedi 11 octobre 2025

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