La cité scientifique de Yangambi, dans la province de la Tshopo, a été la cible d'une attaque armée d'une gravité inédite dans la nuit du 28 septembre 2025. Le centre de l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques (INERA) a été pris d’assaut, entraînant le vol du coffre-fort principal et la mise en péril de l'ensemble des projets de recherche en cours. Ce drame souligne l’extrême fragilité sécuritaire qui pèse sur l'un des pôles scientifiques les plus stratégiques du pays.
Selon le récit du directeur du centre, le Dr Dieu-Merci Asumani, l'attaque s'est déroulée aux premières heures du dimanche 28 septembre, aux alentours de 2h du matin. Un groupe estimé à dix-sept hommes armés a réussi à s'introduire dans le périmètre du centre, ciblant spécifiquement les bureaux administratifs.
Face à la supériorité numérique et à la violence des assaillants, les deux policiers affectés à la sécurité du site ont été incapables d'opposer une résistance significative. « Ils ont fracturé plusieurs portes, cherchant visiblement de l’argent. Ils ont fini par atteindre la caisse, l’ont brisée et ont emporté le coffre-fort », a expliqué le Dr Asumani.
Bien que le montant exact des fonds dérobés n'ait pas été immédiatement communiqué, l'impact sur le fonctionnement du centre est d'ores et déjà jugé considérable et pourrait paralyser l'activité de recherche.
Des projets d'intérêt national fragilisés
L'enjeu de ce cambriolage dépasse largement la simple perte financière. Le Dr Asumani a révélé la place centrale de la caisse dérobée dans le financement des travaux en cours : « Tous les projets en cours à Yangambi étaient gérés à travers ce coffre-fort ».
Ce cambriolage intervient à un moment critique pour l'INERA Yangambi, un centre qui est en pleine phase de relance après des années de difficultés et de sous-financement. Plus encore, l'établissement est un maillon essentiel du vaste projet Couloir vert Kivu-Kinshasa, qui bénéficie d'importants financements nationaux et internationaux pour la recherche agronomique, la foresterie et la lutte contre le changement climatique.
Le directeur du centre a lancé une alerte solennelle : « Une insécurité persistante à Yangambi compromet non seulement la relance de l’INERA, mais aussi l’avenir de projets d’intérêt national ». Il rappelle que la cité avait déjà été victime d'un incident similaire en juillet, lorsqu’un partenaire de l’institution avait vu son propre coffre-fort dérobé.
L’impératif d’une sécurisation immédiate
Cette recrudescence des attaques met en lumière les défis sécuritaires non résolus qui pèsent sur Yangambi. Alors que le gouvernement et ses partenaires investissent massivement pour faire renaître ce centre scientifique stratégique, la pérennité de cette institution, essentielle pour l'avenir de l'agriculture et de l'environnement congolais, est désormais menacée.
L’attaque de l'INERA, centre de recherche agronomique, risque d'envoyer un signal négatif aux bailleurs de fonds et aux scientifiques, susceptibles de freiner les ambitions nationales de la RDC à se positionner comme un pôle d'excellence en Afrique centrale. Une sécurisation immédiate et renforcée du site par les autorités provinciales est désormais une priorité absolue pour permettre la poursuite sereine des travaux de recherche.
Abdoul Ulafia | Tshopo
